Bukavu: première projection publique du film «L’homme qui répare les femmes»

Une capture d'écran de la bande annonce du film "L'homme qui répare les femmes- la colère d'Hippocrate".

Le film intitulé «L’homme qui répare les femmes-La colère d’Hippocrate»,  qui dresse le portrait du gynécologue Denis Mukwege et son engagement contre les violences sexuelles au Kivu, a été diffusé pour la première fois samedi 21 novembre devant le public du Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu. La grande salle du collège Alfajiri était prise d'assaut par le public venu assister à cette projection en présence du médecin congolais, prix Sakharov 2014.

Pour le docteur Denis Mukwege, chaque Congolais doit se sentir interpellé par le contenu du film de Thierry Michel et Colette Braeckman, pour barrer la route aux viols et violences sexuelles infligées à la femme congolaise.

Le  public venu nombreux a dit avoir pris conscience de la gravité de ce phénomène et demandé à la justice nationale et internationale d’accompagner les victimes.

«Nous sommes traumatisées, mais nous ne pouvons pas rester là. Nous devons maintenant nous lever» pour combattre les violences sexuelles, a déclaré une spectatrice.

D’autres personnes ont souligné la nécessité de porter haut le message véhiculé par le film. Vous pouvez les écouter ici:

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Un cahier de charge a été signé par les participants à travers lequel ils s’engagent à soutenir Dr Mukwege dans sa lutte contre les viols et les violences faites aux femmes.

La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs couches de la société. L’exécutif provincial du Sud-Kivu n’y a cependant pas été représenté.
 
Le gouvernement congolais avait annoncé le 2 septembre dernier l'interdiction de diffuser «L'homme qui répare les femmes - La colère d’Hippocrate» en République démocratique du Congo, à cause de la traduction des témoignages des femmes victimes de viols qui, selon lui, avaient été déformés ainsi qu’à cause des "calomnies" à l’endroit de l’armée.
La décision avait suscité un tollé à l’échelle internationale jusqu’au 19 octobre, jour où Kinshasa l’a levée, pour avoir considéré les efforts de la coréalisatrice Colette Braeckman pour «obtenir une traduction plus conforme aux témoignages.»

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