Jeanne, une victime de viol devenue conseillère psycho-sociale

Jeanne est une mère de cinq enfants, qui a pu réorienter sa vie après avoir été violée à l’âge de seize ans. Cette femme a refait sa vie grâce à la prise en charge psycho-sociale du centre d’apprentissage  Heal Afrca. 

Partant de son expérience, elle a voulu réconforter les autres femmes, victimes des violences sexuelles, non prises en charge sur le plan psychologique  et rejetées par leurs familles.
Jeanne insiste sur la nécessité d’un accompagnement psychologique pour une femme victime des violences sexuelles:

«J’ai commencé le travail avec les femmes victimes des violences sexuelles, parce que moi aussi j’ai été victime comme elles. J’ai aimé ce travail, parce que je n’avais pas eu l’accompagnement psychosocial au début [avant sa prise en charge par Heal Afrca] et ça m’a beaucoup blessé. J’avais un lourd fardeau dans mon cœur. C’est difficile d’être une femme victime des violences sexuelles sans accompagnement psychosocial. C’est pourquoi je me suis donnée pour aider les autres».

Tout en déplorant l’impunité des auteurs des viols, elle s’est dite satisfaite de son intégration socio-économique dans la communauté. Celle qui a tourné la page de son passé sombre regarde vers l’avenir et appelle les femmes violées à faire le même effort.

 «J’ai eu un mari, j’ai fait le mariage et aujourd’hui je vis avec lui sans problème», s’est-elle réjouie.

Selon Jeanne, la femme victime de viol est souvent chosifiée.  Elle lance un message à la communauté, aux victimes de viol mais aussi au gouvernement congolais pour lutter contre l’impunité des auteurs des viols:

« Je demande aux familles de ne pas rejeter la fille ou la femme qui a été victime des violences sexuelles. Lorsque tu rejettes l’enfant, les blessures restent. Que le gouvernement mette fin à l’impunité pour les auteurs des viols. Je condamne l’impunité».
 

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