Nord-Kivu: des ex-combattants réclament de l’aide pour faciliter leur réinsertion sociale

Une vingtaine d’ex-combattants démobilisés venus de certaines localités du territoire de Masisi se sont rendus vendredi 3 février au siège de la MONUSCO à Goma pour solliciter de l’aide. Ils disent n’avoir pas reçu leurs kits de réinsertion socio-économique, constitués de différents outils selon le métier choisi par chaque bénéficiaire (motos, houes, scies…).

La plupart des ex-combattants se plaignent du retard de livraison des kits de réinsertion par l’unité d’exécution du programme de démobilisation (UE PNDDR). Ils disent éprouver des difficultés à reprendre la vie en communauté. Le kit de réinsertion devrait permettre aux ex-combattants de lancer des petites activités génératrices des revenus. Ces ex-combattants menacent même de reprendre les armes, faute d’occupation.

Le coordonnateur provincial de l'UE PNDDR, Norbert Kasindi, reconnaît que ce retard de livraison de kit de réinsertion est lié aux formalités administratives et logistiques, nécessaires au déploiement.

Il fustige toutefois le fait que ces ex-combattants attendent tout de l'UE PNDDR, au lieu de se lancer dans des activités agropastorales notamment:

«Pourquoi il n’y a qu’à l’Est, et plus spécifiquement nos territoires du Nord-Kivu, où les jeunes gens, cette tranche d’âge-là, 18,  20, 25 ans, croient qu’ils sont abandonnés. La République est vaste, qu’ils nous disent que les jeunes gens qui sont dans (la province du) Maï-Ndombe profond sont tous embauchés. Tous les jeunes gens qui sont dans (la province) de la Tshopo est-ce qu’ils sont embauchés ?»

De son côté, le président de la société civile du Nord-Kivu, Thomas d’Aquin Mwiti, estime que ce programme a été mal conçu, car il ne tient pas compte des réalités locales:

«Ce que nous craignons à notre niveau, c’est qu’on démobilise les gens en une période de turbulence. Qu’est-ce qu’on veut que ces gens-là deviennent ? Il faut une planification efficace et qui tienne compte des réalités du terrain. Qui va quitter où pour aller où et quand ?  Tout ça n’a pas été prise en compte».

Les plaintes du groupe d'ex-combattants qui se sont présentés à la MONUSCO vendredi s’ajoutent à d’autres déjà enregistrées dans certains territoires, tels que Rutshuru, Lubero et Beni.

Environ 2000 ex-combattants démobilisés sont déjà rentrés dans cette province, après une formation dans les centres de Kitona (Kongo-Central) et Kamina (Haut-Lomami).

 

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