Le Phare : «Tueries au Kasaï. Mende parle de montage»

La presse locale parue lundi 20 février à Kinshasa s’intéresse principalement à la situation sécuritaire dans plusieurs villes de la RDC. La question de Bundu dia Mayala dans le Kongo central et à Kinshasa, la milice de Kamuina Nsapu dans le Kasaï central et la tension ethnique dans le Tanganyika et la paroisse saint Dominique saccagée sont autant de sujets repris dans les titres des journaux.
 
Le Phare commence par les tueries au Kasaï et titre : « Mende parle de montage »

Un film supposé reprendre des atrocités attribuées aux éléments des Forces armées de la RDC engagés contre la milice de Kamwina Nsapu à Mwanza Lomba dans le Kasaï Orientalcircule sur les réseaux sociaux depuis le week-end.

Dans sa mise au point, le gouvernement parle d’un « montage » réalisé par les pourfendeurs de son action, citant nommément un certain Richard Mudoza Muzembe de Schaarbeek à Bruxelles, proche des opposants Congolais en Belgique.
 
Cette mise au point signée par le ministre de la Communication et Médias, Lambert Mende, rappelle qu’en date du 21 décembre 2016, des accrochages ont eu lieu entre une patrouille des FARDC et des assaillants porteurs d’armes de guerre, de chasse et d’armes blanches qui marchaient sur Mbuji-Mayi successivement dans les villages de Mwana Lemba, Katengayi et Katende à 25 kilomètres de Mbuji-Mayi, écrit Le Phare.
 
Citant toujours Mende, le tabloïd note qu’après deux jours d’affrontements, les assaillants ont décroché et pris la fuite après que treize d’entre eux dont deux femmes ont trouvé la mort. Trois armes à feu et plusieurs armes blanches ont pu être récupérées par les forces loyalistes.
 
«Ce sont des montages ridicules», renchérit Africa News, qui rapporte aussi les propos de Lambert Mende dans son titre : «Montage», réagit le gouvernement, l’ONU enquête.

Quelle est cette armée qui accepte de filmer comment elle tue ?, s’est interrogé  le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende, à propos de cette vidéo non authentifiée.

Africa News résume la vidéo et indique qu’elle montre un petit détachement marcher sur un chemin vers un groupe de personnes chantant en Tshiluba (langue parlée au Kasaï) «Notre terre, notre terre». Puis un ordre jaillit : « Avancez ! Tirez ! ». Le peloton ouvre alors un feu nourri et progresse sans avoir besoin de s’abriter : personne ne réplique en face. Le feu cesse. Les hommes s’avancent et achèvent plusieurs personnes gisant au sol, en commençant par une femme, et insultent les cadavres, tiennent des propos obscènes en contemplant le sexe de deux femmes gisant à terre. La caméra s’attarde longtemps sur l’une d’elle en train d’agoniser. « Vous mourez pour rien, pour rien », dit un homme.

Le Potentiel donne la parole au Rassemblement qui « exige une enquête internationale indépendante ».

Sans ambages, le Rassemblement qualifie ces tueries de «carnage», charge l’armée congolaise et dénonce la « légèreté » avec laquelle le gouvernement a réagi face à la propagation de ces massacres dans plusieurs contrées de la RDC, renseigne Le Potentiel.
 
Dans ce communiqué signé unanimement par toutes ses composantes, le Rassemblement déplore le silence du président de la République, commandant suprême des Forces armées. Tout en condamnant ces actes « indignes d’une grande nation », le Rassemblement « exige dans l’urgence une enquête internationale indépendante » pour établir les responsabilités.
 
Forum des As reprend pour sa part l’affaire Bundi dia Mayala (BDM), Kamuina Nsapu, et l’insécurité dans le Tanganyika. Le quotidien titre : «Les quatre vérités de Ramazani Shadary»

En ce qui concerne Bundu dia Mayala (BDM), le vice-premier ministre chargé de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadary note que c’est une affaire sentimentale. Il a fustigé le fait qu’une aventure amoureuse sans succès, en arrive à troubler l’ordre public, avant d’engendrer des échauffourées entre les forces de l’ordre et les adeptes de BDM.

Pour ce qui est de Kamuina Nsapu, il a indiqué que plusieurs armes de guerre ont été retrouvées entre les mains des miliciens.
 
«La situation sécuritaire est sous contrôle», écrit de son côté, La Prospérité.
 
«Le gouvernement de la République Démocratique est pleinement conscient  que les premières solutions durables aux problèmes sécuritaires sont d’abord,  de type politique et communautaire. C’est pourquoi,  nous privilégions à Kinshasa, au Tanganyika, dans l’espace Kasaïen et dans le Kongo Central, des rencontres avec la notabilité et  les forums intercommunautaires », a déclaré Shadary Ramazani, cité par le tabloïd.
 
Sur un autre chapitre, L’Avenir indique que des « inciviques ont saccagé la paroisse Saint Dominique de Limete». L’autel saccagé, les hosties éparpillées sur le pavé, suscitaient hier la curiosité et un choc émotionnel bouleversant de profanation. La croix et les calices défoncés, avaient probablement reçu des coups du bois noir du meuble de l’autel, sous la hargne d’une action préméditée, raconte médusé, l’abbé curé Bafuidinsoni.
 
Les étoffes qui font la parure de l’autel, détachées et froissées ci et là, sentaient le brulé et leur blancheur sapée par des empreintes de pieds qui agissaient dans la précipitation. En effet, tout l’ornement de l’autel a été dérangé de fond en comble jusqu’à laisser un vide, comme si l’église allait se délocaliser. Au fond, la statue en porcelaine de la Sainte Vierge Marie, renversée et défoncée, ajoute-t-il.

Sans dire un mot sur les présumés auteurs de cet acte, le quotidien reprend tout de même les propos du gouverneur de la ville, André Kimbuta qui n’a pu contenir son émotion et s’est écrié : « Où sommes-nous ? Où allons-nous ? »

Dans son message, il a déploré que les assaillants aient sous-estimé la portée réelle du dialogue, quand les différends opposent des membres d’une même communauté.