La Prospérité : « Elections 2023 : Fayulu, Matata et Mukwege plantent le décor de la contestation ! »

 

La déclaration commune de Martin Fayulu, Matata Ponyo et Denis Mukwege, publiée lundi 26 décembre, dénonçant notamment des dysfonctionnement dans l’appareil électoral et le système judiciaire, fait la Une des journaux parus ce mardi 27 décembre à Kinshasa. La Prospérité ouvre le bal et titre en sa manchette : « Elections 2023 : Fayulu, Matata et Mukwege plantent le décor de la contestation ! »

 

La Prosperité rapporte que Martin Fayulu et Augustin Matata, deux personnalités politiques de l’opposition ainsi que le prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, ont réagi ce lundi 26 décembre 2022, à travers une déclaration commune sur la situation sécuritaire, politique en RDC et sur les élections qui se profilent à l’horizon.

Les trois leaders d’opinion « qui, visiblement, convolent désormais en justes noces », commente ce journal, fustigent la gestion du régime actuel, l’accusant de planifier la fraude lors des prochaines élections constitutionnellement prévues en fin décembre 2023.

Aussi, les trois nouveaux compères crient-ils au rétrécissement de l’espace démocratique qui se caractérise notamment, par « l’atteinte à la liberté de la presse, les violations systématiques des libertés d’opinion, d’expression, de réunion et de manifestation, pourtant, garanties par la Constitution, le musellement de la société civile, et des tentatives d’exclure les leaders de l’opposition et de la résistance de la course au sommet de l’Etat », ajoute ce tabloïd.

Le bloc soumet plusieurs exigences en vue d’obtenir des élections apaisées et transparentes en RDC dont ‘’la levée de l’Etat de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri ; la sécurisation des élections, notamment au Sud-Kivu, Nord-Kivu, Ituri, Mai-Ndombe et Kwilu ; la recomposition immédiate de la CENI; la recomposition urgente de la Cour constitutionnelle; le consensus autour de la loi électorale, des centres d’inscription d’électeurs et du calendrier électoral; l’arrêt de l’instrumentalisation de la justice et des services fiscaux contre les candidats déclarés ou les potentiels candidats Présidents de la République; le respect de la Constitution sur la liberté d’expression, d’opinion, de réunion et de manifestations publiques; l’arrêt des poursuites judiciaires à l’encontre du Sénateur Matata Ponyo Mapon, conformément à l’article 168 de la constitution.

Mais pour L’Avenir, ces trois personnalités ont « tapé à côté ». En effet, selon ce quotidien, Martin Fayulu, candidat à la présidentielle de 2018, Augustin Matata Ponyo, Premier ministre honoraire et sénateur et le Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix, ont publié le 26 décembre 2022 une déclaration qui « traduit en quelque sorte leur frustration ».

« Nombreux sont ceux-là qui pensent que le trio s’est approprié les revendications du Front commun pour le Congo (FCC), mais qui démontrent aux yeux du monde qu’ils ne sont pas prêts pour les élections qui pointent à l’horizon », note ce tabloïd qui poursuit en écrivant, « même s’ils sont tentés de s’approprier les déboires judiciaires de Matata Ponyo, ils risqueront de passer l’essentiel de leur temps à fustiger le processus électoral, sans pour autant obtenir gain de cause ».

« Dans ces conditions, l’alternance très attendue par le peuple risque d’être un leurre », conclut L’Avenir.

Le Potentiel, également, estime qu’au-delà de leur pertinence sur le plan politique pour leurs auteurs, les exigences du trio Matata-Fayulu-Mukwege renferment quelques germes de contradiction aux conséquences fâcheuses qu’ils devront assumer. À décortiquer froidement la déclaration de ces trois acteurs politiques, note ce quotidien, il y a de quoi se demander : que veulent- ils au juste ? La loi électorale déjà promulguée, va-t-on attendre l’ouverture de la session de mars 2023 pour la modifier à quelques mois de la date fatidique du 23 décembre 2023 retenue pour les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales ? Veulent-ils au contraire engager la nation sur la voie d’un glissement ou une négociation pour le partage des postes ?, s’interroge Le Potentiel.

Quant à la Cour constitutionnelle, le mécanisme de remplacement des juges constitutionnels est bien connu et régulé par la loi, estime ce journal qui soulève encore d’autres questionnements.

« Par quelle magie va-t-on désigner d’autres alors que ceux qui sont en place y sont encore en plein mandat ? Hormis tous ces aspects politico-juridiques, il y a le facteur temps qui, visiblement, ne joue pas en leur faveur. En brandissant de telles exigences, ont-ils pris le soin de calculer le temps qui nous sépare des élections programmées en décembre 2023 ? »

« À tout prendre, il y a lieu de craindre une crise politique dans la crise déjà imposée dans l’Est du pays par le Rwanda à travers les terroristes du M23. Quoi qu’il en soit, le temps qui nous sépare de l’échéance de décembre 2023 promet d’être fertile en rebondissements », conclut ce tabloïd.

Avec cette déclaration commune de Matata Ponyo, Martin Fayulu et Denis Mukwege, Congo Nouveau, lui, constate que pour « 2023, deux blocs sont en gestation contre Fatshi ».

Le trihebdomadaire explique qu’à ce jour, personne ne peut citer avec exactitude le nom ou les noms du candidat ou des candidats qui sera ou seront en face du successeur de Joseph Kabila. Ce lundi 26 décembre, le premier indice est venu du trio Matata-Fayulu-Mukwege.

En effet, les trois personnalités ont signé un communiqué commun dans lequel elles dénoncent ce qu'elles appellent "le dysfonctionnement de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI)". A la lecture de ce communiqué, d'aucuns voient la mise en place d'une coalition qui devrait présenter une candidature unique face à Félix-Antoine Tshisekedi, soutient-il.

Ce n'est pas tout, affirme ce journal, «  Il nous revient d'apprendre qu'une autre coalition, pilotée par Moïse Katumbi (candidat déclaré du parti Ensemble pour la République) serait aussi en gestation. Celle-ci devrait être composée également de trois personnalités ».

Citant ses sources généralement bien informées, Congo Nouveau estime que  les deux blocs pourraient entamer des pourparlers pour se mettre d’accord sur un seul candidat face à Félix-Antoine Tshisekedi en décembre 2023, lequel s’est déjà prononcé pour etre candidat à sa propre succession.

Et d’ailleurs, cette candidature de Felix Tshisekedi a été encore voulue et souhaité par les gouverneurs de province réunis en conférence du 22 au 23 décembre à Mbandaka(Equateur), rappelle La Tempête des Tropiques.

En effet, prenant la parole à la clôture de la conférence des gouverneurs, le porte-parole de ces derniers a proposé la mutation de la plateforme politique Union sacrée en une plateforme électorale en vue de la réélection de Félix-Antoine Tshisekedi à la tête de la nation, rapporte ce tabloïd. 

Leur proposition est reprise dans une motion présentée lors de cette clôture. D’après les chefs des administrations provinciales, il est impossible au Président de la République d’atteindre, en 5 ans de mandat, les objectifs qu’il s’est fixés car, n’étant pas un « Deus ex Machina ». Par contre, affirment-t-ils, un nouveau quinquennat, le lui permettrait, poursuit ce quotidien.

D’apres lui, ces gouverneurs ont promis à Tshisekedi une victoire  incontestable aux élections de décembre 2023.