Accusé d'avoir insulté une journaliste, le député Yves Kisombe nie tout

Yves Kisombe, député national, à la tribune de l'Assemblée nationale de la RDCYves Kisombe, député national, à la tribune de l’Assemblée nationale de la RDC

Yves Kisombe, député national, à la tribune de l'Assemblée nationale de la RDC

«Je n’ai jamais insulté cette journaliste. Cet enregistrement est un montage grossier», a déclaré Yves Kisombe, mercredi 24 août, à Radio Okapi niant être l’auteur des injures proférées contre Eugénie Ntumba, journaliste de la chaîne de Radiotélévision RTVS1 émettant à Kinshasa. Selon lui, l’enregistrement sonore posté sur le réseau social en ligne Facebook depuis le week-end dernier ne vise qu’à nuire à son image. 

Le député Yves Kisombe se dit victime d’un lynchage médiatique de la part d’un groupe de journalistes qui lui en veulent.

« Je n’ai pas intérêt à me mettre la presse à dos. Je suis victime d’un acharnement d’un groupe de journalistes qui veulent me faire la peau à tout prix », a déclaré Yves Kisombe.

Vendredi 19 août, un enregistrement sonore attribué à Yves Kisombe a circulé sur Facebook. L’auteur des propos enregistrés insultait Eugénie Ntumba de la RTVS1 qui lui aurait raccroché au nez.

La journaliste cherchait à obtenir au téléphone une réaction du député Yves Kisombe sur un sujet d’actualité. Elle ne se serait pas présentée au téléphone mais aurait directement introduit son propos en posant la question à son interlocuteur. Ce qui a suscité la colère de ce dernier. Un flot d’insultes s’en est suivi contre la journaliste.

Tout en niant les propos qui lui sont attribués, Yves Kisombe estime que les sanctions prises contre l’auteur des insultes sont excessives. Il a déclaré:

«Nous sommes dans un état de droit. En démocratie on ne peut pas punir quelqu’un, quel que soit le domaine, plusieurs fois pour la même faute. Ils mettent ça sur bluetooth, on décrète un embargo, on va déposer un mémo auprès du président de l’Assemblée nationale. Donc, on veut frapper quelqu’un jusqu’à ce que mort s’ensuive ».

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La RTVS1 persiste: c’était Yves Kisombe

Joint au téléphone, mercredi, le directeur général de la RTVS1, Clément  Nzau, a confirmé que c’est le député Yves  Kisombe qui s’est exprimé dans  l’enregistrement.

Dans l’enregistrement sonore, affirme Clément  Nzau, Yves Kisombe avait promis de se rendre à la rédaction de la RTVS1 pour chercher la journaliste qui lui avait raccroché au nez. Il raconte :

«Le même jour Yves Kisombe est venu à la rédaction. Il ne s’est pas limité à discuter avec le journaliste qu’il a rencontré là-bas, il est entré dans le box d’enregistrement. Et avec son téléphone, il a appelé le numéro de téléphone de la rédaction pour se rendre compte que c’était bien ce numéro là qu’il avait appelé. A la rédaction, il a encore insulté une journaliste qui lui demandait d’avoir de la retenue vis-à-vis des femmes ».

Clément Nzau indique que le secrétaire national chargé de la communication au Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Emile Bongeli, a appelé la journaliste victime d’insultes pour lui présenter des excuses au nom du parti.

Emile Bongeli aurait déclaré  qu’Yves Kisombe devait assumer seul ce qu’il a fait et que son comportement n’engage pas le parti.

Embargo

Mercredi 24 août, Journaliste en danger (Jed), l’Observatoire des médias congolais (Omec), l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC), l’Association des Editeurs Congolais (Aneco), quatre organisations de la presse congolaise ont décrété un embargo de six mois sur Yves Kisombe dans les médias.

Selon ces organisations, l’objectif de cette mesure est d’amener le député à respecter les journalistes.

«Quelle que soit la faute commise par la journaliste victime des insultes et des menaces, les propos d’Yves Kisombe ne peuvent pas être justifiés », a déclaré Donat Mbaya, le président de Jed.

Les quatre organisations ont décidé d’organiser, vendredi 26 août, une marche de protestation et de déposer un mémo au bureau de l’Assemblée nationale pour demander la déchéance du député Yves Kisombe.

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