RDC : le gouvernement salue la condamnation de Thomas Lubanga à la CPI

Lambert Mende, ministre congolais de Médias, relation avec le parlement et nouvelle citoyenneté, lors d’un point de presse expliquant la suspension du quotidien “Le journal”. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Le gouvernement congolais se félicite de la condamnation de Thomas Lubanga Dyilo par la Cour pénale internationale (CPI). S’exprimant mardi 10 juillet à Radio Okapi, le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, estime que la peine de quatorze ans de prison infligée à l’ancien chef de milice pourra dissuader les autres belligérants qui commettent des crimes dans l’Est de la RDC.

« C’est un signal fort que la CPI envoie en soutien à la lutte cotre l’impunité. Nous nous félicitons du fait qu’il ne s’en est pas sorti gratuitement après avoir fait souffrir les populations de l’Ituri », a déclaré Lambert Mende Omalanga.

La CPI a condamné Thomas Lubanga pour des crimes de guerre et pour avoir enrôlé dans ses troupes des enfants soldats de moins de quinze ans. Il les avait aussi fait participer activement à des hostilités dans les rangs de sa milice (Union des patriotes congolais) lors de la guerre civile en Ituri (Province Orientale) entre 2002 et 2003.

Lambert Mende regrette que Thomas Lubanga n’ait pas été jugé sur tous les crimes commis en Ituri sous son commandement.

«Nous aurions souhaité bien sûr qu’il soit jugé pour l’ensemble de crimes qui ont été commis sous son commandement. On l’a jugé uniquement pour le recrutement d’enfant soldats. Qu’à cela ne tienne, nous n’allons pas juger le juge», a ajouté le porte-parole du gouvernement.

Les partisans de Lubanga satisfaits du verdict

Le parti politique de Thomas Lubanga, l’Union des patriotes congolais (UPC) qualifie le verdict de la CPI de «victoire sur l’ancien procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Louis Moreno O’Campo». Le président intérimaire de l’UPC, John Tinanzabo, a déclaré mardi 10 juillet que les juges n’ont pas cédé au sentiment du procureur.

« Le procureur a requis 30 ans, les juges ont pratiquement divisé par deux, parce qu’ils n’ont pas voulu basculer dans le sentiment du procureur. Nous voulons disculper totalement Thomas Lubanga. Nous sommes réconfortés dans notre démarche d’aller en appel et de demander tout simplement qu’il soit acquitté », a-t-il affirmé.

Bosco Ntaganda à la CPI ?

La société civile de Bunia se dit aussi satisfaite de la décision de la Cour condamnant Thomas Lubanga mais lui recommande de poursuivre aussi d’autres Congolais notamment dans les deux Kivu qui commettent des crimes similaires à ceux commis par Thomas Lubanga.

«Aujourd’hui c’est vrai que les uns peuvent acclamer que Thomas Lubanga ait été condamné, mais au Nord-Kivu, il y a beaucoup de mouvements rebelles avec des noms divers comme Tchinja Tchinja, Kata Kata, ce ne sont pas de gens du couvent. Et quand ils font la guerre, il y a des crimes de guerre qui se commettent. Aucune personne du Nord-Kivu n’a été inquiétée et même interpellée à la CPI », a déclaré le président de la société civile de Bunia, Jean Bosco Lalo.

Au Nord-Kivu, Bosco Ntaganda, l’un des leaders de l’ex-rébellion du CNDP promu général d’armée avant d’être radié pour cause de mutinerie est déjà sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Une demande a été déposée lundi 14 mai l’accusant de crimes contre l’humanité et les crimes de guerre commis entre septembre 2002 et septembre 2003.

Le gouvernement livrera-t-il Bosco Ntaganda à la CPI ? Lambert Mende répond :

«Je pense que c’est une décision qui ne relève pas du gouvernement. Dans la mesure où la justice congolaise a retrouvé ses capacités. Et donc c’est la justice qui va devoir décider, une fois Bosco Ntaganda présenté à elle, c’est ce qu’il convient de faire. Il est possible qu’elle décide d’exécuter le mandat de la CPI tout comme il est possible qu’elle le sanctionne elle-même ».

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