RDC: Jed et RSF condamnent les menaces du M23 contre un journaliste à Rutshuru

Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de Jed. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Journaliste en Danger (Jed) et Reporters sans frontières (RSF) dénoncent les menaces proférées contre les journalistes dans les zones sous contrôle de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23). Dans un communiqué de presse publié, vendredi 19 octobre, ces organisations de défense de la liberté de la presse indiquent que Jean Baptiste Kambale, directeur de la Radio communautaire Ushirika (Racou) émettant à Rutshuru est menacé de mort par ces rebelles.

Selon Jed et RSF, Jean Baptiste Kambale reçoit ces menaces depuis la diffusion d’une série de reportages de TV5 Monde, dont il aurait facilité la réalisation, sur les exactions contre les populations civiles et d’autres violations des droits de l’homme commises par les troupes du M23 à Rutshuru.

« Jean Baptiste a été accusé d’avoir été utilisé par le pouvoir de Kinshasa pour ternir l’image du M23. Depuis ces menaces, Jean Baptiste vit dans la clandestinité », affirme le secrétaire général  de Jed, Tshivis Tshivuadi, indiquant que beaucoup d’autres journalistes de cette radio subissent également des harcèlements.

Lorsqu’un journaliste reçoit des menaces sérieuses de mort, poursuit-il, « il y a beaucoup d’autres  qui prennent peur, se cachent et ne peuvent pas faire correctement leur travail ».

Tshivis Tshivuadi demande aux responsables politiques du M23 de désavouer les propos « très menaçants » tenus par l’administrateur du territoire et le porte-parole de ce mouvement à l’égard de Jean Baptiste Kambale.

L’administrateur du territoire de Rutshuru aurait téléphoné le journaliste, lui promettant la mort. « Tu nous as amené les Blancs à Rutshuru pour nous critiquer. Tu sais que nous sommes des rebelles. Pour nous, tuer quelqu’un est un petit problème », aurait-il dit.

Voici la lettre que Jed et RSF ont adressée au coordonateur politique du M23, Jean-Marie Runiga.

Créée en mai dernier, la rébellion du M23 occupe plusieurs localités du territoire de Rutshuru depuis le mois de juillet. Plusieurs organisations l’accusent de nombreuses violations des droits de l’homme.

En septembre denier, Human Rights Watch a accusé ces rebelles d’avoir tué, depuis le mois de juin dernier, au moins quinze civils et violé quarante six femmes et jeunes filles, dont des mineures de huit ans dans le territoire de Rutshuru.

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