Goma : « Si rien n’est fait, le M23 finira le travail qu’il a commencé », affirme Sultani Makenga

En avant-plan, Sulutani Makenga, le chef de la branche armée de la rébellion du M23 à Goma le 20 novembre 2012

Les troupes du M23 se retirent de la ville de Goma dans le Nord-Kivu depuis le samedi 1er décembre dans la matinée. Avant ce retrait, le commandant des troupes du M23, Sultani Makenga, a déclaré que si aucune solution politique ou diplomatique n’est trouvée, le M23 finira le travail qu’il a commencé. Pour l’instant, des éléments de la Police Nationale Congolaise venus de Bukavu, au Sud-Kivu, sont déployés dans la ville de Goma. La Monusco, de son coté, s’est dite satisfaite du retrait du M23 de Goma et Sake.

Les troupes des rebelles du M23 se sont retirés de la ville de Goma jusqu’à 20 kilomètres au Nord. Près d’une dizaine de camions transportant des combattants du M23, armés et chantant, ont paradé au centre-ville avant de se diriger vers la ville sous les regards de la population.

Les différents  postes stratégiques de la capitale du Nord-Kivu occupés par  le M23 ont été officiellement remis aux responsables du mécanisme conjoint de vérification de la CIRGL ou à la Monusco. Il s’agit notamment de la grande et de la petite barrière à la frontière entre la RDC et le Rwanda, du siège de la Banque centrale, du commissariat provincial de la police et des bureaux du gouverneur de la province. Ces lieux sont actuellement sécurisés par des éléments de la Police nationale Congolaise, venus de Bukavu, au Sud-Kivu.

Avant ce retrait, le Général Makenga avait réuni ses hommes au rond-point Cercle sportif, en face de la 8è région militaire. Il leur a signifié que « pour lui, le travail n’est pas encore terminé ». Il a souligné que le mouvement rebelle «laisse la place à la politique et à la diplomatie afin de trouver une solution,  tel que l’a demandé la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) ». «Mais si rien n’est fait, le commandant du M23 a déclaré que le M23 achèvera le travail qu’il a commencé ».

Malgré l’euphorie qui gagne la population, la plupart estime que les rebelles reprendront la ville si les négociations n’aboutissent pas. D’autres, par contre, espèrent que ce retrait va permettre la reprise normale des activités socio-économiques.

La Monusco  satisfaite

Le porte-parole de la Mission onusienne, Madnodje Mounoubai a confirmé le retrait des troupes du M23 de Goma. La mission s’est dite satisfaite du fait que le M23 commence à respecter les décisions qui émanent de la réunion de Kampala, après avoir fait de la résistance. Il a indiqué que le point de rassemblement des militaires et des autres membres de ce mouvement serait  Munigi, au Nord de Goma.

La Monusco continue à sécuriser l’aéroport de Goma en attendant la mise en place du groupe de sécurisation mixte  FARDC-M23 et force neutre :

« La sécurisation de l’aéroport, comme vous le savez, est entièrement assurée par des élément de la Monusco. Mais conformément à ce qui a été décidé à Kampala, il doit y avoir des éléments du M23, des FARDC et de la force internationale. Dès que  ce groupe sera mis en place, la Monusco leur passera tout naturellement la main » a expliqué  Madnodje Mounoubai.

Lire aussi sur radiookapi.net:

Sondage

Dans deux conférences de presse séparées hier à Kinshasa, Martin Kobler, le chef de la Monusco et Thomas Periello, envoyé spécial des Etats-Unis dans les Grands Lacs ont réaffirmé la position de la communauté internationale qui tient à voir la RDC organiser la présidentielle et les législatives dans les délais constitutionnels. Selon vous: