RDC: la Monusco a assisté les FARDC pour protéger Goma, affirme le ministre de la Défense

Vice-premier ministre de la défense et des anciens combattants, Alexandre Luba Ntambo le25/03/2012 au centre supérieur militaire(CSM) à Kinshasa à l’occasion du deuxième séminaire sur la réforme de l’armée. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Alexandre Luba Thambo, reconnait que la Monusco est intervenue sur le terrain des affrontements entre les Forces armées de la RDC et les rebelles du M23 autour de Goma mais dans les limites de sa mission. Il s’exprimait au sénat, lundi 3 décembre, où il répondait à une question orale avec débat sur la guerre au Nord Kivu.

«Je ne vais pas défendre la Monusco mais je vais rappeler qu’elle opère, selon charte des Nations unies sur le chapitre VI qui l’appelle à maintenir la paix et non sur le chapitre VII qui lui demande d’imposer la paix. A ce moment là, la manière d’agir est beaucoup plus compliquée. Dans les opérations que nous avons eues, nous avons bénéficié de l’assistance de la Monusco dans le volet où chaque fois la population civile était concernée», a affirmé Alexandre Luba Thambo.

Le vice-Premier ministre et ministre de la Défense a indiqué que la mission onusienne est limitée dans les politiques d’engagement de ses forces sur le terrain de conflit. Il a tenu à apporter cette information, selon lui, pour ne pas préjudicier les relations entre le gouvernement congolais et la Monusco.

Des voix s’étaient élevées après la prise de la ville de Goma par le M23 pour accuser la Monusco de passivité. Le porte-parole de la Monusco, Madnodge Mounoubai avait alors expliqué que les casques bleus n’étaient pas restés inactifs face à l’avancée des rebelles.

«Le verrou de protection de Goma était mis en place avec les FARDC. Et la Monusco a mis ses moyens célestes et terrestres à la disposition de l’armée congolaise dans ses actions. Et aujourd’hui, si vous constatez, les FARDC ne sont plus à Goma et nous ne pouvons pas soutenir des gens qui n’y sont plus », avait déclaré Madnodge Mounoubai.

« La Monusco ne prétend pas soutenir le gouvernement congolais mais elle supporte le gouvernement congolais », avait indiqué Madnodje Mounoubai.

Le sénateur She Okitundu, auteur de la question orale, a estimé nécessaire que le mandat de la Monusco soit requalifié en RDC. Selon lui, la mission onusienne n’a pas réussi à protéger la population civile comme le lui recommande le mandat que lui a confié le conseil de sécurité.

«Depuis l’entrée du M23 dans Goma, vous avez vu le déplacement des populations qui meurent de faim. Le gouvernement de la République étant incapable de protéger la population, la Monusco devait entrer en action pour la protéger », a estimé Shé Okitundu.

Le sénateur a également accusé les rebelles du M23 de plusieurs exactions à Goma dont des exécutions sommaires, des violations sexuelles, des recrutements d’enfants et attaques contre le personnel de la Monusco.

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