La société civile congolaise désapprouve les négociations entre le gouvernement et le M23

Une vue de délégués du M23 à Kampala lors des négociations avec le gouvernement congolais (Décembre 2012)

La société civile congolaise (Socico) condamne les agressions dont sont victimes les populations de l’Est de la RDC et désapprouve les négociations qui se tiennent à Kampala entre le gouvernement congolais et le M23 depuis le 9 décembre 2012. Au cours d’une assemblée générale organisée samedi 19 janvier à Kinshasa, son président intérimaire, Dr. Luboya, estime que Kinshasa ne devrait plus continuer à céder aux revendications des personnes ou mouvements qui recourent aux armes.

Pour lui, le pouvoir de Kinshasa « donne une prime à la guerre » en allant de négociation en négociations.

« Quand les gens savent qu’ils ont besoin d’occuper des postes ministériels, de devenir des généraux, ils prennent des armes, tuent des gens et nous les reprenons pour gérer le pays. Nous n’accepterons pas qu’on mette en désordre les institutions qui sont déjà en place », a affirmé Dr. Luboya.

Lors de la reprise des négociations mercredi 16 janvier à Kampala, les rebelles du M23 avaient exigé la mise en place d’un Conseil national de transition qui aurait cinq missions principales notamment la formation d’un gouvernement de transition. Cette proposition a été rejetée par la délégation gouvernementale.

La même position de la Socico est approuvée par le Mouvement pour le renouveau (MR), un parti de l’opposition. Selon son président national, le député Clément Kanku, il est inconcevable de parler des problèmes qui minent la RDC sans les vrais acteurs politiques.

« Nous estimons tout simplement que c’est de la distraction. Vouloir caricaturer la cartographie politique est assez dangereux pour ceux qui veulent le faire », a déclaré Clément Kanku samedi 19 janvier à l’occasion de la cérémonie d’échange de vœux qu’il a organisé au siège de son parti à Kinshasa.

Il pense que l’importance est d’avoir une cohésion nationale, laquelle ne peut advenir que par la voie des pourparlers à l’interne.

« Le Congo doit parler une même voix. Nous devons arriver à vaincre les démons pour l’intérêt du peuple congolais », a ajouté Clément Kanku.

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