Le Rwanda accède à la présidence tournante du conseil de sécurité de l’ONU

Une séance de travail au Conseil de sécurité des Nations unies (photo rfi.fr)

Le président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), Georges Kapiamba, a estimé, lundi 1er avril à Kinshasa, que l’accession le même jour du Rwanda à la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU ne pourra pas empêcher l’envoi de la brigade d’intervention de la Monusco dans l’Est de la RDC. La création de cette force a été votée jeudi 28 mars à l’unanimité par les membres du conseil de sécurité. Elle est dotée des moyens offensifs pour combattre les groupes armés opérant sur le sol congolais.

« Non, je ne pense pas que le Rwanda puisse gêner le déploiement [de la brigade d’intervention de la Monusco] parce qu’il faut retenir que lorsque le conseil de sécurité prend une résolution, c’est le secrétariat général des Nations unies, qui est l’organe chargé de la mise en exécution de ladite résolution. Donc, dans le cas précis, c’est le secrétaire général Ban Ki-moon qui devra prendre des dispositions pour assurer le déploiement de cette brigade », a affirmé Georges Kapiamba.

Il a souligné que le Rwanda ne peut pas influencer une résolution déjà adoptée par le Conseil de sécurité.

« Il n’y a pas à craindre en ce qui concerne la prise de la présidence par le Rwanda au niveau du conseil de sécurité », a ajouté Georges Kapiamba.

L’ambassadeur du Rwanda auprès de l’ONU, Eugène-Richard Gasana, a pris lundi 1er avril la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU jusqu’au 30 avril. Il va informer la presse, mardi 2 avril, sur le programme de travail du conseil de sécurité pour ce mois.

Une certaine opinion pense que la présidence du Rwanda au Conseil de sécurité risque d’empêcher l’application de la résolution 2098 créant la brigade d’intervention pour mettre fin à l’activisme des groupes armés dans la partie Est de la RDC.

En vertu de la Charte des Nations unies, le Conseil de sécurité a la responsabilité principale de maintenir la paix et la sécurité dans le monde entier.

La charte des Nations unies prévoit au chapitre V article 27 alinéa 3 qu’un membre du conseil de sécurité qui est “partie à un différend s’abstient de voter”. C’est en vertu de cette disposition que certains observateurs estiment que le Rwanda ne pourra pas influencer le déploiement de la brigade d’intervention de la Monusco.

La RDC, un des pays signataires de cette charte est en proie à la guerre depuis deux décennies dans sa partie Est. Les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) et plusieurs groupes armés sont à la base de cette insécurité. Le Rwanda, qui assure la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies a été accusé l’année dernière dans un rapport d’experts de l’ONU de soutenir le M23. Ce qu’il a toujours démenti.

Le Rwanda a été élu le 1er janvier 2013 comme membre non permanent du Conseil de sécurité pour un mandat de deux ans jusqu’en décembre 2014.

Human Rights Watch (HRW) avait protesté en octobre 2012 contre l’élection du Rwanda au Conseil de sécurité estimant que « la  présence du Rwanda à ce siège aura un impact négatif  sur les  populations congolaises victimes de la guerre à l’Est de la RDC ».

Le Conseil de sécurité est composé de quinze membres. Cinq sont permanents (La Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis) et dix sont des membres non permanents élus par l’Assemblée générale de l’ONU pour une période de deux ans.

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