Insécurité au Katanga : le gouverneur Katumbi devant les députés provinciaux

Moïse Katumbi, gouverneur du Katanga.

Invité par les députés provinciaux à s’expliquer sur le regain de l’insécurité dans la province du Katanga, le gouverneur Moïse Katumbi a lancé un appel au calme à la population. Il lui a demandé de vaquer à ses occupations le 30 juin et à ne pas prêter attention aux tracts qui circulent depuis quelques semaines et annoncent l’incursion des miliciens Bakata Katanga à Lubumbashi le jour de la fête de l’indépendance.

Moïse Katumbi a indiqué que l’insécurité s’est amplifiée dans la province après l’évasion du seigneur de guerre Kyungu Mutanga Gédéon de la prison de Kasapa en septembre 2011. En effet, il a indiqué que les affrontements ont repris dans son bastion, le territoire de Mitwaba, dès son retour. Une situation qui a provoqué les déplacements massifs de la population.

« Rien  ne justifie le climat malsain qui règne dans  la province  actuellement. Les Bakata  katanga ont mutilé, violé, pillé,  incendié des  village. On  compte environ  400 000  déplacés.  Cette  année, la   campagne  agricole a été   hypothéquée, des milliers  d’enfants  ne vont plus à l’école, des  hommes , des  femmes et des enfants  meurent  sans  soins  médicaux.  Ce  bilan  n’honore  aucun fils  du Katanga », a-t-il déclaré.

Le gouverneur Katumbi a aussi rappelé que des négociations avaient été entamées pour obtenir la reddition des miliciens Maï-Maï mais que les plus radicaux d’entre eux auraient persuadé leurs compagnons à ne pas rendre les armes.

Il a tout de même assuré que son gouvernement continue à fournir des efforts pour mettre fin à l’insécurité croissante au Katanga. Cependant, il pense que les miliciens sont appuyés par certains politiciens congolais qu’il n’a pas cités.

« Je  demande  à nos  frères  égarés  qui ont pris  des  armes ainsi qu’à  leurs complices de cesser les hostilités. Je  veux  rassurer  la  population  que le gouvernement central et l’exécutif provincial ne ménagent aucun  effort   pour amener la paix  sur toute l’étendue  de  la province.  J’exhorte  la   population à ne  pas céder aux  rumeurs  et à la  psychose  entretenue  par  certaines  forces   négatives.  Je vous demande  de  vaquer tranquillement à vos occupations pour le développement harmonieux de notre province », a ajouté Moïse Katumbi.

Les miliciens Bakata Katanga étaient entrés dans la ville de Lubumbashi en mars dernier. Les combats qui les avaient opposés aux forces de l’ordre dans certains endroits de la ville avaient fait plus de vingt morts. 230 parmi eux avaient été transférés à Kinshasa à bord d’avions militaires pour être entendus par des auditeurs militaires.

Depuis cette date, le reste des Bakata Katanga avaient été signalés dans le village Shindaika et à Kinsevere dans la périphérie de Lubumbashi.

Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 juin, ils ont attaqué la prison de la Kasapa à Lubumbashi. A en croire les gardiens de cette prison, cette attaque avait pour objectif de libérer un officier de Forces armées de la RDC (FARDC) condamné le mois dernier pour détournement de munitions et armes de guerre et violation de consignes.

Entre temps, les incursions signalées notamment à Pweto, Mitwaba et Malemba Nkulu se sont de plus en plus rapprochées des grands centres. La cité de Bunkeya située près de la ville de Likasi a elle aussi été récemment la cible des miliciens.

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