RDC: Global Witness dénonce l’octroi des permis forestiers artisanaux à des compagnies industrielles

Troncs d’arbres dans la concession Safbois à Djabir, prêt de Isangi, dans la province orientale, 2005.

Dans un rapport intitulé « L’exploitation forestière de l’ombre » et publié le 30 avril dernier, l’ONG internationale Global Witness dénonce l’octroi des permis forestiers artisanaux à des compagnies industrielles en RDC, au Cameroun, au Ghana et au Libéria. Ces permis artisanaux, conçus pour promouvoir les petits exploitants forestiers et satisfaire les besoins locaux, sont alloués à des compagnies industrielles, ouvrant « la porte à une exploitation forestière à grande échelle particulièrement lucrative et qui échappe à la surveillance des autorités », indique le rapport.

« Nous avons constaté qu’en RDC, des douzaines de permis de coupe artisanale ont été alloués entre 2010 et 2012 principalement à des compagnies industrielles, violant les lois congolaises d’une dizaine de manières différentes », explique Alexandra Pardal, responsable des campagnes européennes à Global Witness.

« Il s’agit d’une tendance très inquiétante – des compagnies forestières entrent en collusion avec des fonctionnaires corrompus pour contourner les lois destinées à les empêcher de décimer les forêts et d’abuser ceux qui y vivent », regrette-t-elle.

Alexandra Pardal invite les autorités congolaises à lutter contre l’abus de l’utilisation des permis artisanaux.

« Si les décideurs européens et africains ne prennent pas des mesures urgentes, les permis de l’ombre risquent de devenir le cheval de Troie par lequel le bois illégal est importé dans l’UE et considéré comme légitime. Les importateurs doivent effectuer des contrôles accrus de leurs chaines d’approvisionnement pour s’assurer de la provenance exacte de leur bois et de la légalité du permis utilisé pour l’obtenir », ajoute-t-elle.

Dans un précédent rapport publié en octobre 2012, la même ONG avait déjà dénoncé le pillage des forêts congolaises et déploré l’anarchie dans l’attribution des permis d’exploitation forestière.

Rappelant que la loi congolaise exige que seules des personnes physiques congolaises, puissent exploiter la forêt de manière artisane, le rapport avait fait état des permis artisanaux attribués à des compagnies étrangères qui pénètrent dans les forêts munies d’équipements lourds tels que des bulldozers et des chargeuses de billes.

Une autre ONG, Greenpeace a également dénoncé en mars 2013 l’exploitation illégale du bois en RDC, décrivant un secteur forestier qui échappe à la surveillance du gouvernement et occasionne des pertes financières au trésor public.

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