[Reportage] Coronavirus : certains Kinois encore sceptiques baffouent les mesures de prévention

Dans certains coins de la province de Kinshasa, certaines personnes continuent de douter de l’existence de l’épidémie à Coronavirus. Il y en a qui vivent en l’ignorant totalement et baffouent les mesures de prévention, notamment les gestes barrières et la distanciation sociale. Jeudi 2 avril, Radio Okapi a fait le tour de certaines communes. C’est entre doute et relâchement des mesures d’hygiène que les Kinois traversent cette période de la pendémie du Coronavirus. Reportage.

Relâchement. C’est le constat fait au Rond-point Ngaba par exemple. Il est difficile d’accepter que la ville de Kinshasa soit touchée par le Coronavirus. De là, empruntant la route By-pass jusqu’au marché de Matete, les Kinois s’entassent, se regroupent par dizaine voire par centaine.

Ils se frottent, dans les rues, dans les sentiers du marché, et sur les trottoirs sans aucune crainte. Et pourtant, parmi les mesures édictées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités du pays, il faut observer une distance d’un mètre entre deux personnes, pour éviter la contamination.

Ruée vers les marchandises

En longeant le Fleuve Congo, vers le Beach communément appelé Libongo, le constat est le même. A l’approche d’une embarcation des marchandises, les gens accourent, ignorant aussi la mesure de distanciation sociale.

Tout le monde veut s’approvisionner, en premier, ou du moins, à tout prix, à l’arrivée des marchandises. Les denrées alimentaires sont parfois rares dans certains marchés et supermarchés.

Il faut sortir, louer une voiture ou utiliser la sienne pour se rendre vers les ports et acheter parfois à des bas prix. Dans les grands marchés, les prix des denrées ont pris de l’ascenseur. Ils ont soi doublé, triplé ou quadruplé. Un sac de braise par exemple se négocie au marché de Moulaert à Bandalungwa entre 60 et 65 000 francs congolais (38 USD) contre 25 000 il y a moins de deux semaines (15 USD).

Sceptisisme

A côté de cette ruée vers des marchandises s’observe aussi des bouchons sur certains tronçons.


La circulation dans la ville redevient de plus en plus intense à certains endroits. Les places publiques grouillent du monde. Kinshasa vit comme si le Coronavirus n’existait pas.

« Le virus ne circule pas, c’est nous qui le faisons circuler. Restons à la maison », avait affirmé le Dr Jean-Jacques Muyembe, secrétaire technique de la lutte contre le Coronavirus.

Mais ce message lancé aux Kinois pour éviter la propagation de la maladie virale est loin de convaincre les Kinois qu’il est temps de changer les habitudes pour barrer la route au Coronavirus.

Et pourtant la maladie existe bel et bien et la RDC a déjà enregistré 134 cas, au jeudi 2 avril 2020.

A 14 cas, le chef de l’Etat Felix Antoine Tshisekedi avait pris un train de mesures, entre autres, la fermeture des frontières. A 45 cas, il décrète l’Etat d’urgence sanitaire. Aujourd’hui, la barre de 100 a été franchie.

Les Kinois semblent encore ne pas comprendre de la gravité de cette pandémie et vaquent à leurs occupations comme si de rien n’était.

Quelques personnes interrogées ont laissé entendre qu’il attendent peut-être voir des milliers de cercueils étalés sur la place publique, des personnes mortes du Coronavirus, comme dans d’autres pays, pour enfin prendre conscience que le Covid-19 est une réalité.

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