Meurtre des experts de l’ONU : la Cour militaire exige des «preuves» pour autoriser la comparution de Ramazani Shadary

Au procès des présumés meurtriers des experts de l’ONU, l’audience du jour devant la Cour militaire de l’ex-Kasaï-Occidental a été marquée par un long débat autour de la demande par la défense de la comparution d’Emmanuel Ramazani Shadary. La Cour n’a pas accédé à cette requête, demandant aux avocats d’apporter les preuves de l’implication de l’ancien ministre de l’Intérieur dans ce meurtre.

Compte-rendu d’audience

C’est la deuxième fois que les avocats de Thomas Nkashama font cette demande.

Me Daniel Ndumbi souhaite qu’Emmanuel Ramazani Shadary comparaisse comme renseignant ou témoin, expliquant que son client a affirmé dans ses dépositions que l’ancien ministre l’a reçu à Kananga le 12 mars 2017, jour de l’exécution des deux experts de l’ONU.

La Cour qui s’était déjà prononcée sur cette requête a réitéré sa position. Le président de céans demande à la défense d’apporter les preuves «même fragiles» de l’implication de M. Shadary dans le meurtre de Zaida Catalan et Michaël Sharp.

«La Cour n’est pas partisane. Elle n’est pas motivée par une quelconque personne ou partie pour pouvoir agir en sa faveur», martèle le général Ntshaykolo. 

Le ministère public ne cache pas non plus son incompréhension face à cette demande de la défense. Le général Muwau parle même d’un acharnement.

«Ils cherchent à le faire comparaître sur quel point ? Qu’il vienne renseigner sur quels faits ?», s’interroge-t-il.

Thomas Nkashama est poursuivi pour avoir mal traduit des mises en garde formulées par un membre de la famille Kamuina Nsapu qui attirait l’attention des experts sur le danger de leur voyage vers Bunkonde.

Des mises en garde formulées en tshiluba au cours d’une rencontre entre la famille Kamuina Nsapu et les experts le 11 mars 2017, la veille de leur départ pour Bunkonde. Traduisant ces propos en français, soutient l’accusation, Thomas Nkashama a dit tout le contraire. Il a rassuré les experts, leur faisant savoir qu’il n’y avait aucun danger à emprunter la route entre Kananga et Bunkonde.

C’est pourtant lors de ce voyage que les deux experts qui enquêtaient sur les violences au Kasaï ont été exécutés.

 

 

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