
Et si la manière dont nous représentons le monde influençait aussi la manière dont nous le percevons ?
Le 4 septembre, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution intitulée « Correct the Map », visant à promouvoir une représentation cartographique plus fidèle à la superficie réelle des continents, notamment de l’Afrique.
Le texte, porté par le Togo au nom du groupe africain et soutenu par l’Union africaine, a recueilli 164 voix pour, une contre ,celle des États-Unis, et six abstentions. La résolution encourage notamment l’utilisation de projections dites « à superficies égales »qui réduisent les distorsions de la projection de Mercator.
Sur les cartes auxquelles nous sommes habitués, l’Afrique paraît souvent beaucoup plus petite qu’elle ne l’est réellement. Pourtant, le continent représente environ 30 millions de kilomètres carrés.
Mais derrière cette question apparemment technique se pose une interrogation plus profonde : une carte est-elle seulement un outil géographique ou participe-t-elle aussi à la construction de notre vision du monde et des rapports de puissance ?
Cette résolution peut-elle contribuer à corriger une perception longtemps défavorable à l’Afrique ? Peut-elle avoir des conséquences sur l’éducation, la culture, la diplomatie ou même la géopolitique du continent ?
Et surtout, au-delà du symbole, quels bénéfices concrets l’Afrique peut-elle tirer de cette initiative ?
La République démocratique du Congo, par sa superficie, ses ressources, sa position au cœur de l’Afrique et son ouverture vers plusieurs sous-régions du continent, peut-elle transformer cette nouvelle lecture géographique en avantage stratégique ?
Parole aux auditeurs aborde cette thématique avec le Professeur Augustin Mangemosi Luwawu Makwala, chercheur à l’Institut panafricain des relations internationales et stratégiques et à l’Institut de géopolitique de l’Afrique médiane, auteur de plusieurs ouvrages, dont Reprendre la main : Nouvelle géostratégie de la recentralisation de la RDC en Afrique médiane.






