
Les organisations membres du réseau Service Civil pour la Paix en RDC (SCP-RDC) plaident pour une implication plus importante de la société civile dans les initiatives visant à rétablir la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo. Dans un communiqué publié jeudi 1er octobre à Kinshasa, elles saluent les démarches diplomatiques en cours pour mettre un terme à la crise sécuritaire, tout en estimant que les mouvements de femmes et de jeunes doivent être davantage associés aux différents processus de paix.
Le réseau, dont fait notamment partie la Voix des Sans Voix pour les droits de l’Homme (VSV), exprime sa préoccupation face à la poursuite des violences malgré les engagements pris dans le cadre des efforts de médiation régionaux et internationaux. Selon ces organisations, les populations civiles continuent de subir les conséquences directes des affrontements armés qui secouent plusieurs territoires de l’Est du pays.
Des accords encore peu perceptibles sur le terrain
Pour le SCP-RDC, les engagements issus des accords de Washington et de Doha peinent encore à produire des résultats concrets. Les organisations de la société civile constatent que les combats opposant les Forces armées de la RDC (FARDC) à la coalition AFC/M23, ainsi que les activités d’autres groupes armés, continuent d’alimenter l’instabilité dans plusieurs localités.
Cette situation entraîne d’importants déplacements de populations et aggrave la vulnérabilité des communautés déjà affectées par des années de conflit. Le réseau attire particulièrement l’attention sur les difficultés auxquelles sont confrontés les femmes et les enfants, souvent les premières victimes des crises sécuritaires et humanitaires.
Le SCP-RDC souligne également les répercussions économiques de l’insécurité persistante. La fermeture de certaines banques et universités dans des zones touchées par le conflit fragilise davantage l’économie locale et compromet les perspectives d’avenir de nombreux jeunes.
Selon les organisations signataires du communiqué, cette situation accentue le sentiment de précarité au sein des communautés et risque de compromettre les efforts de relèvement et de développement dans les régions concernées.
Au-delà des défis sécuritaires, le réseau met en garde contre les effets de la nouvelle épidémie d’Ebola qui touche certaines zones de l’Est du pays. Les organisations estiment que le contexte de conflit, marqué par la méfiance des populations et la circulation de fausses informations, complique les interventions des équipes médicales et les efforts de riposte sanitaire.
Elles appellent à un renforcement de la coordination entre les acteurs humanitaires, sanitaires et communautaires afin de garantir une réponse efficace face à cette menace.
Un appel à un cessez-le-feu effectif et à un dialogue inclusif
Face à cette situation, le SCP-RDC demande l’application immédiate et effective du cessez-le-feu par l’ensemble des parties impliquées dans le conflit. Le réseau plaide également pour l’intégration systématique de la société civile dans tous les mécanismes nationaux et internationaux consacrés à la recherche de la paix.
Les organisations insistent particulièrement sur la participation des femmes et des jeunes, estimant que leur expérience et leur proximité avec les réalités du terrain constituent des atouts essentiels pour la réussite des initiatives de paix.
Enfin, le réseau appelle à l’organisation d’un dialogue national inclusif réunissant les différentes composantes de la nation afin d’apporter une réponse concertée aux défis sécuritaires et aux menaces qui pèsent sur l’intégrité territoriale du pays.
Pour les membres du SCP-RDC, la construction d’une paix durable ne pourra être effective qu’à travers une démarche participative associant pleinement les acteurs de la société civile et les communautés directement affectées par les conflits.








