Kinshasa: les conducteurs des bus Mercedes 207 à l’origine de nombreux accidents de circulation

Un bus mercedes 207 renversé sur le boulevard Lumumba au niveau du quartier 1 à Kinshasa (Mars 2012)

Esprit de mort. C’est l’appellation que les habitants de Kinshasa, capitale de la RDC, ont attribué depuis quelques mois aux bus Mercedes 207 qui assurent le transport en commun entre les différentes communes. La plupart des conducteurs de ce bus brûlent les feux, conduisent souvent à des vitesses excessives provoquant des accidents de circulation.

 Piétons et autres conducteurs des voitures privées font le frais de la mauvaise conduite des chauffeurs de Mercedes 207. Ces derniers s’illustrent par des dépassements incontrôlés et l’ignorance totale du code de la route.

  « Il roule à vive allure malgré le feu rouge. En plus, il dépasse par la droite, pourtant le dépassement se fait à gauche », se plaint un conducteur d’une voiture privée.

 Les conducteurs de ces bus ont été tous ou presque percepteurs de ticket dans ces mêmes bus. Généralement peu instruits, ces « receveurs » perçoivent comme une promotion le fait de devenir conducteur. Ils apprennent à conduire sur le tas et achètent leur permis de conduire dans les réseaux maffieux. Pour eux, s’inscrire à une auto-école ne représente qu’une perte de temps.

  « Conduire ne nécessite pas les études. A l’auto-école, on ne fait qu’apprendre les panneaux de signalisation et comment utiliser le levier de changement des vitesses », affirme avec dédain Pablo « receveur » devenu conducteur d’une Mercedes 207.

 Il avoue rouler à des vitesses excessives mais trouve un argument pour se justifier.

  « Nous on travaille au jour le jour. Je dois ramener chaque soir 90 000 [environ 100 USD] au propriétaire de véhicule sans compter le carburant que j’achète. En plus, je dois mettre un peu d’argent de côté chaque jour pour nourrir ma famille. N’oubliez pas que nous sommes nombreux. La concurrence est forte. Donc, je ne peux que faire de la vitesse », affirme-t-il.

Face à ces conducteurs inconscients du danger qu’ils représentent avec leurs véhicules souvent mal entretenus, les agents de la police de circulation routière avouent leur incapacité à changer la situation.

« Nous régulons la circulation mais nous ne sommes pas des motards. On n’est pas en mesure de poursuivre un véhicule qui brûle un feu ou qui roule à vive allure », affirme un policier de circulation sous le sceau de l’anonymat.

Pendant ce temps, la vie des passagers et autres usagers de la route continue d’être exposée chaque fois que passe un « esprit de mort ».

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