RDC : les rebelles du M23 veulent négocier avec le gouvernement

Les FARDC en patrouille mixte avec les casques bleus de la Monuc à Mbwavinya. Photo MONUC / Marie Frechon (2008).

Le porte-parole des rebelles du Mouvement du 23 mars a demandé de rencontrer, au nom de son mouvement, le président ougandais Yoweri Museveni qui est aussi président en exercice de la Conférence internationale de la région des grands lacs (CIRGL). Le but : soumettre au président Museveni le cahier des charges du M23 et obtenir un éventuel contact avec le président Joseph Kabila afin de trouver une solution politique à la guerre que mène cette rébellion contre les Forces armées de la RDC (FARDC) depuis le mois de mai dernier au Nord-Kivu.

« Nous aimerions que le chef de l’Etat congolais Joseph Kabila soit là. Il faut qu’il soit là, qu’on discute avec lui », a déclaré le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole du M23, à l’Agence France presse (AFP).

Pour Kinshasa, il n’est pas question de commettre une énième erreur en négociant avec les rebelles.

« Nous convaincrions ce groupe là, le Rwanda créera un autre groupe M24, M25, etc. On l’a vu, on a convaincu le CNDP [Congrès national pour la défense du peuple] et le Rwanda a créé aujourd’hui le M23. Ce sont des erreurs que nous ne sommes plus à même de commettre », a réagi le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.

« Pour mettre fin à une agression, c’est le contact avec l’agresseur qui importe. Et nous sommes en contact avec le Rwanda pour résoudre ce problème», ajoute-t-il.

Se basant sur le dernier sommet de la CIRGL qui s’est clôturé le samedi 8 septembre à Kampala, le porte-parole du gouvernement congolais a indiqué que la décision prise par les chefs d’Etat est plutôt d’éradiquer toutes les forces négatives. Une force internationale neutre agissant sous le mandat des Nations unies et de l’Union africaine devra être déployée d’ici trois mois pour combattre les groupes armés, ont résolu les chefs d’Etat au sommet de Kampala sans préciser la source de financement de cette force.

« Il n’y a aucune négociation prévue ni même demandée par les Etats de la CIRGL. Il a avait été demandé au président Museveni, le président de la CIRGL d’essayer de faire revenir à la raison ces mercenaires pour éviter que le sang africain ne coule encore», a conclu Lambert Mende.

En visite à Bunagana en juin dernier quelques semaines après sa nomination, le Premier ministre Matata Ponyo avait exclu toute idée de négociation avec les rebelles, promettant de « mettre à la disposition des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) tous les moyens militaires nécessaires pour combattre le M23 et mettre militairement fin à la guerre au Nord-Kivu».

Cette position avait été soutenue par les chefs religieux. Réunis au mois de juillet dernier à Kinshasa, ils avaient initié une pétition adressée au secrétaire général des Nations unies pour dénoncer à leur tour toute forme de négociation avec les rebelles les qualifiant d’« éternels criminels » en RDC.

Dans ce document, ces chefs religieux avaient recommandé la répression des crimes commis par le Rwanda en RDC et l’arrestation de tous les criminels recherchés par la justice internationale.

Dans un entretien accordé aux journalistes congolais en juillet dernier, le président de la RDC, Joseph Kabila avait dit envisager « toutes les solutions » pour mettre fin à la guerre, évoquant notamment des solutions politiques, diplomatiques et militaires ou la combinaison des trois.

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