RDC: l’administration parallèle du M23 à Rutshuru est inacceptable, selon Hervé Ladsous

Hervé Ladsous lors d’un point de presse le 10/09/2012 au quartier général de la Monusco à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, qualifie d’«inacceptable» l’administration parallèle que les rebelles du M23 ont installée dans la partie du Nord-Kivu qui se trouve sous leur contrôle. Il s’est exprimé, mardi 18 septembre, à New York, au sortir d’une réunion du Conseil de sécurité où il a rendu compte de sa dernière visite en RDC, au Rwanda et en Ouganda.

Devant la presse, Hervé Ladsous a décrit la situation qui prévaut à Rutshuru, la zone occupée par le M23.

«Les éléments du M23 sont concentrés dans un coin à l’Est du Kivu, près des frontières du Rwanda et de l’Ouganda. C’est à Rutshuru. Et à partir de cette position ils ont entre temps mis en place une administration de facto qui contrôle la population, prélève des ‘taxes’ sur la circulation. Ce qui est inacceptable», a-t-il déclaré.

Il a aussi indiqué qu’ « il n’y a pas eu d’offensives militaires majeures au cours des cinq ou six dernières semaines ». Cependant, Hervé Ladsous a estimé qu’il fallait multiplier des efforts pour consolider le cessez-le-feu observé jusqu’ici sur le terrain des opérations:

«Clairement [la situation] peut changer très rapidement et cela dans plusieurs directions. Ils [rebelles du M23] peuvent décider de rentrer dans leurs anciennes positions à Masisi ou ils peuvent décider de bouger vers Goma, au Sud. C’est pourquoi nous devons travailler pour consolider la situation et faire beaucoup de progrès dans le sens du cessez-le-feu. C’est la priorité», a poursuivi Hervé Ladsous.

Concernant le mini-sommet sur la RDC que le secrétaire général de l’Onu a convoqué le 27 septembre à New  York, il a déclaré que trois préoccupations seraient au centre de cette rencontre à laquelle les dirigeants des Grands Lacs sont conviés.

« La première [préoccupation] est que la violence doit cesser aux Kivus, dans l’Est de la RDC. Trop de victimes, trop de souffrances, plusieurs personnes déplacées ainsi que des réfugiés. Cela doit cesser. Deuxième préoccupation, la souveraineté de la République démocratique du Congo doit être respectée. Troisièmement, il faut clairement rebâtir la confiance particulièrement entre les deux principaux voisins, la RDC et le Rwanda », a-t-il fait savoir.

Contacté par la BBC, le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende, a estimé que l’analyse d’Hervé Ladsous confirmait que «le Rwanda tente de balkaniser la République démocratique du Congo».

Par ailleurs, selon la même source, le ministre congolais des Mines a écrit aux Etats-Unis et au Royaume-Uni pour demander à leurs entreprises d’arrêter d’acheter des minerais en provenance du Rwanda «qui sont le plus souvent extraits en territoire congolais».

Pour sa part, l’ambassadeur allemand à l’Onu, Peter Wittig, qui préside le Conseil de sécurité, a affirmé que “les membres du Conseil de sécurité sont d’accord pour considérer qu’une solution politique à la crise est une priorité absolue”.

«Je détecte une volonté de renforcer le dialogue politique et de ne pas se focaliser sur des sanctions à l’heure actuelle, a-t-il poursuivi estimant que le dialogue, le renforcement de la confiance et de la coopération entre Kigali et Kinshasa sont nécessaires d’urgence pour traiter des racines du conflit ».

Les Forces armées de la RDC affrontent depuis mai dernier les rebelles du M23 qui revendiquent l’application de l’accord de paix sogné en mars 2009 entre l’ex-rébellion du CNDP et le gouvernement congolais. La RDC, l’ONU et les ONG accusent le Rwanda de soutenir les rebelles. Réunis en marge d’un sommet de l’Union africaine en juillet dernier, les chefs d’Etat des Grands Lacs souhaitent déployer une force internationale neutre le long de la frontière entre la RDC et le Rwanda pour combattre les groupes armés notamment le M23 et les FDLR.

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