RDC : Bosco Ntaganda, l’itinéraire d’un chef de guerre surnommé « Terminator »

Bosco Ntaganda, le général déchu, recherché par la CPI/ Ph. droits tiers

Après avoir été délogé de Kibumba au Nord-Kivu que lui et ses hommes contrôlaient depuis la scission du M23 en deux factions, Bosco Ntaganda s’est rendu à l’ambassade américaine à Kigali d’où il a demandé son transfert à la CPI. La Cour le poursuit pour des crimes de guerre et crimes contre l’humanité qu’il aurait commis entre 2002 et 2003 en Ituri. Qui est donc Bosco Ntaganda, cet homme dont le nom a été associé aux crises sécuritaires récurrentes de ces dernières années dans l’Est de la RDC ?

Bosco Ntaganda est né à Kiningi, petit village situé dans les chaînes de montagne des Virunga au Rwanda. Encore adolescent, il fuit les persécutions des Tutsi et s’installe à Ngungu dans le Masisi, au Nord-Kivu, où il fait ses études secondaires mais n’obtient pas un diplôme d’Etat.

En 1990, âgé de 17 ans, Bosco Ntaganda rejoint le Front patriotique rwandais (FPR), rébellion dirigée à l’époque par l’actuel chef de l’Etat du Rwanda Paul Kagame.

Il va ensuite servir dans les armées nationales rwandaise et congolaise.

En 2002, Bosco Ntaganda rejoint l’Union des patriotes congolais (UPC) de Thomas Lubanga en Ituri. Il en devient le chef militaire.

Un rapport de l’Onu publié cette même année l’accuse d’avoir tué huit cents civils dans la région de Mungbwalu en raison de leur appartenance ethnique et d’avoir recruté des enfants dans sa milice.

La CPI va lancer son premier mandat d’arrêt international contre Ntaganda en août 2006.

En 2007, Bosco Ntaganda rejoint le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), une rébellion dirigée par Laurent Nkunda. Après l’éviction de ce dernier deux ans plus tard, il devient le chef de la rébellion du CNDP.

A la faveur d’un accord avec le gouvernement congolais en mars 2009, Ntaganda est promu général de l’armée congolaise.

La CPI le réclame toujours en ce moment là pour le juger. Mais le gouvernement congolais refuse de le livrer prétextant qu’il a rendu possible l’accord de paix de mars 2009.

En mai 2012, des mutins de l’armée congolaise issus de l’ex-CNDP créent le Mouvement du 23 mars (M23). Bosco Ntaganda en est considéré comme l’initiateur mais officiellement, il ne revendique pas son appartenance à la nouvelle rébellion.

Au cours du même mois, le procureur de la CPI, Luis Moreno O’campo demande aux juges de la chambre préliminaire II de lancer un deuxième mandat d’arrêt contre Ntaganda. Ce qu’ils feront en juillet. Il est désormais accusé des viols, assassinats et persécutions pour motifs ethniques.

Le gouvernement ne s’oppose plus à son arrestation, l’accusant d’être responsable des défections enregistrées au sein de l’armée congolaise et de la déstabilisation dans les territoires de Masisi et Walikale au Nord-Kivu.

En février 2013, après la scission du M23, l’aile pro Ntaganda s’affronte pendant plus d’une dizaine de jours celle de Sultani Makenga. Cette dernière prend le dessus obligeant des centaines de fidèles de Ntaganda à traverser la frontière rwandaise.

Le 18 mars, Bosco Ntaganda se rend à l’ambassade des Etats-Unis au Rwanda d’où il demande son transfert à la CPI.

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