Pourparlers de Kampala: le gouvernement de la RDC dit attendre la proposition finale de la médiation

Charles Okoto, abbé Malu Malu et Raymond Tshibanda, trois membres de la délégation du gouvernement congolais aux pourparlers de Kampala (Photo Innocent Olenga)

Le coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, François Mwamba, estime que le blocage des pourparlers de Kampala entre la rébellion du M23 et le gouvernement congolais ne peut pas être attribué à ce dernier. « Si blocage il y a, ce n’est pas le fait de la République démocratique du Congo », assure-t-il, expliquant que le gouvernement attend la proposition finale de la médiation devant mettre fin aux discussions. La reprise de ces pourparlers, actuellement au point mort, est réclamée par plusieurs personnalités.

Le dimanche 26 mai dernier au cours de la réunion des pays signataires de l’accord-cadre d’Addis-Abeba dans la capitale éthiopienne, le président tanzanien, Jakaya Kikwete, a insisté sur la nécessité d’une reprise de ce dialogue.

Avant lui, l’envoyée spéciale du secrétaire général des Nations unies pour la région des Grands Lacs avaient également plaidé pour la reprise des pourparlers entre le gouvernement congolais et la rébellion du M23.

« Je veux encourager les deux parties, le gouvernement et le M23, à retourner à la table des négociations », avait déclaré à RFI Mary Robinson qui accompagnait Ban Ki-Moon lors de sa visite en RDC la semaine passée.

François Mwamba indique que le gouvernement congolais attend une proposition de la médiation ougandaise qui doit conclure les négociations.

« Le président de la République démocratique du Congo avait souhaité que dès le 15 mars nous soyons en situation de pouvoir clôturer. Ça n’a pas été le cas, mais déjà à cette occasion là, à l’occasion donc de cette proposition de tout terminer au 15 mars, il nous a été donné de faire une proposition globale, c’est-à-dire un document susceptible d’être signé comme document final mettant fin à ces discussions. Mais on n’a pas été suivi par le M23 puisqu’ils ont continué à tergiverser », affirme-t-il.

« Le M23 a fait une sorte de contre-proposition. Toutes ces choses inadmissibles que nous avons effectivement rejetées. Il appartenait à la médiation de pouvoir mettre sur la table un document final. Ce document là, nous l’attendons encore », poursuit le coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba qui participe aux pourparlers de Kampala comme expert du gouvernement.

Le 16 janvier dernier le mouvement rebelle avait présenté une série de revendications politiques que le gouvernement avait rejetées les qualifiant de « vaste blague ». Le M23 avait notamment demandé la mise en place d’un Conseil national de transition pour remplacer toutes les institutions de la RDC jusqu’à l’organisation de nouvelles élections, dénonçant « des fraudes massives aux élections présidentielle et législatives de 2011 » et fustigeant « le mauvais fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et de la Cour suprême de Justice (CSJ) ».

Au mois de mars, le gouvernement a élaboré un texte de 12 articles qui devait sanctionner les pourparlers de Kampala.

Ce document contiendrait des dispositions qui concernent plusieurs domaines comme la politique, la justice, la sécurité et la territoriale. Il prévoirait notamment que le gouvernement s’engage à amnistier les membres du M23 qui ne font pas l’objet des poursuites judiciaires nationales et internationales.

Le texte proposerait aussi que le gouvernement congolais puisse contribuer à l’accélération de la mise en œuvre des accords relatifs au retour des réfugiés vivant dans les pays voisins. C’est une disposition qui était déjà contenue dans l’accord du 23 mars 2009 entre Kinshasa et l’ex-rébellion du CNDP dont le M23 revendique la pleine application.

Le M23 avait estimé que ce document n’était pas conforme à ses attentes, proposant à son tour un autre texte.

La facilitation devait convoquer une plénière pour examiner les deux textes afin de trouver un consensus et conclure des négociations entamées depuis le 9 décembre 2012. Cette plénière n’a jamais été convoquée.

Après le vote de la résolution 2098 par le Conseil de sécurité de l’Onu en mars dernier, le gouvernement congolais a demandé au M23 de « s’autodissoudre ». Cette résolution crée une brigade d’intervention au sein de la Monusco pour combattre les groupes armés dans l’Est de la RDC.

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