RDC: des milliers d’enfants exploités dans les mines et les groupes armés dans le Tanganyika

Des enfants dans une carrière minière au nord du Katanga. Ph. François X. Mybe

Des milliers d’enfants congolais sont exploités dans les sites miniers et des centaines d’autres dans les groupes armés dans le district du Tanganyika au nord du Katanga. A l’occasion de la journée de l’enfant africain, célébrée le dimanche 16 juin, les défenseurs locaux des droits de l’enfant ont appelé les autorités à sécuriser ces enfants.

Le chef de service du Genre, de la Famille et de l’Enfant du district du Tanganyika, Fatuma Kamona, avance des chiffres alarmants sur la situation des enfants dans les mines et les groupes armés.

«Plus de deux mille enfants enrôlés [dans les groupes armés], par exemple à Kiyambi, à Shamwana, à Manono. Nous déplorons aussi les cas de viols et violences sexuelles sur de petites filles. Que l’impunité puisse prendre fin. La plupart des filles qui sont dans des carrières minières sont des filles mineures engrossées avant l’âge», indique-t-elle.

Selon le même service, 29% des mineures qui tombent enceinte accouchent en dehors des structures médicales.

De plus, cinq mille enfants, filles et garçons, qui constituent une main d’œuvre gratuite et assurée, sont utilisés dans les sites miniers d’exploitation artisanale.

Face à cette situation préoccupante, Fatuma Kamona, lance un appel à la mobilisation générale:

«Nous n’avons pas assez de moyens. Mais le gouvernement, les agences du système des Nations unies, la communauté elle-même, les parents et les enfants eux-mêmes; nous devons tous nous impliquer. La volonté est là. Nous devons arriver à mettre fin à tout ça.»

En décembre dernier, les responsables de la province éducationnelle de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP) Katanga 3 à Kalemie avait noté une augmentation du nombre d’écoles et d’enseignants. Ce qui, selon eux, contrastait avec la situation des milieux plus pauvres où peu d’élèves vont à l’école, la plupart préférant s’adonner à des activités lucratives.

«Dans le territoire de Nyunzu, la solution est collégiale. Nous devons nous impliquer pour faire sortir ces enfants des mines vers l’école», avait alors promis le directeur de l’EPSP-Katanga 3.

Quelques plutôt, le ministre provincial du Katanga des Mines, Mumba Gama, avait invité les creuseurs artisanaux à s’affilier à des coopératives agréées. D’après lui, cette mesure devrait permettre de lutter contre la déperdition scolaire des enfants qui quittent les écoles pour aller travailler dans les mines.

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