Nord-Kivu : marche de colère après la mort de 3 personnes tuées par des obus à Goma

Des manifestants transportent le corps d’une adolescente tuée par un obus samedi 24 août 2013 à Goma. Photo Facebook

Trois personnes ont été tuées et cinq autres blessées dans des explosions d’obus tirés par le M23 samedi 24 août à l’ouest de Goma, dans le Nord-Kivu. Une femme et un adolescent font partie des victimes. Ces obus ont aussi causé des dégâts matériels. La population en colère est descendue dans la rue pour protester contre ces violences. Le chef de la Monusco, Martin Kobler, en séjour à Goma, promet une réponse «ferme et énergique» à ces attaques.

Deux premiers obus sont tombés simultanément dans le quartier Ndosho, détruisant une habitation sur l’avenue Lulua, à côté de l’institut Nyabushongo, vers Kajed. Selon le chef du quartier, une femme de 37 ans et un garçon de 14 ans ont été tués.

Un troisième obus est tombé à Rusayo, dans la zone de Mugunga, faisant plusieurs blessés. Ces derniers ont été conduits à l’hôpital Cebca Ndosho.
En réaction à ces morts, la population est descendue dans la rue pour manifester sa colère. Le maire de la ville de Goma, Nasoon Kubuya, dit avoir encadré les manifestants pour éviter les débordements.

«Nous sommes en train de demander à la population de garder son calme, de rester serein, de ne pas paniquer, ni céder à la manipulation ou commettre des actes de vandalisme, parce que si nous créons des troubles dans la ville, nous risquons de laisser la place à l’ennemi», a-t-il expliqué.

Vers midi, la tension avait baissé, selon des responsables de la police.

Martin Kobler : «Nous allons répondre fermement et énergiquement»

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC, Martin Kobler, qui séjourne à Goma depuis vendredi, a dit comprendre la colère de la population.

«Pour nous, une personne tuée est un mort de trop pour la population du Nord-Kivu. Et je comprends donc parfaitement votre douleur, à laquelle moi-même personnellement et la Monusco compatissons», a-t-il affirmé.

«Je vous annonce que nous allons répondre fermement et énergiquement pour faire taire ce canon. Je vous demande alors de laisser la Monusco faire son travail car c’est la seule façon de nous aider à faire revenir la sécurité dans et autour de Goma, ainsi qu’au Nord-Kivu en général».

Le chef de la Monusco a tenu à présenter ses profondes condoléances aux familles des victimes de ces bombardements. Il a aussi appelé la population au calme et à la sérénité, afin de «ne pas céder à la provocation qui renforcerait les ennemis de la paix».

Dans un communiqué publié après ces explosions, le chef de la Monusco a fermement condamné ces attaques, affirmant à nouveau le «soutien indéfectible la Monusco aux Forces armées de la RDC».

Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu a promis que ces agressions contre les populations civiles ne resteront pas impunies et que la Monusco mettrait tout en œuvre pour protéger les populations civiles.

« Ne cédez pas à la manipulation »

En visite de travail à Kinshasa, le gouverneur du Nord-Kivu,  Julien Paluku, a adressé un message de compassion aux habitants de sa province. Il leur a demandé de garder leur calme et de « ne pas céder à la manipulation ».

« De prime abord, je voudrai adresser mon message de compassion à toute la population du Nord-Kivu et spécialement celle de Goma. Je voudrai aussi demander à la population de garder le calme parce que les forces armées appuyées par les forces de la Monusco sont en train de faire un travail appréciable sur le terrain. Surtout ce samedi où tous les hélicoptères sont montés sur le terrain et ont dû stopper l’avancer des éléments du M23 et leurs alliés. Je voudrai que la population sache cela et surtout qu’elle ne puisse pas être manipulé par certaines personnes qui commencent à l’inciter vis-à-vis à la Monusco  alors que cette même Monusco est en train de faire un travail sur le terrain », a déclaré le gouverneur.

Julien Paluku a également invité les habitants de sa province à ne pas stigmatiser une quelconque communauté :

« Je demande à la population d’être solidaire, de ne pas s’indexer mutuellement. La guerre du M23 ne vient pas d’une communauté quelconque. C’est des criminels qui étaient des éléments des FARDC et qui se sont retranchés dans la brousse et qui ont commencé à faire la guerre à l’ensemble de la République. »

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