Nord-Kivu: l’insécurité accentue la crise alimentaire, selon le Pam

Des familles autours des vivres distribués par le Programme Alimentaire Mondial(PAM) ce 1/01/2003 dans le Camp des déplacés à Geti en RDC, lors de la visite de Jan Egland, Secrétaire générale des Nations Unies en charge des affaires Humanitaire. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Le nombre de personnes frappées d’insécurité alimentaire au Nord-Kivu s’élevait à près de 1,3 million en juin 2013, contre 94.000 en 2010, a indiqué le Programme alimentaire mondial (Pam) mercredi 10 octobre à Goma. Cette crise alimentaire, selon la même source, est due non seulement à l’insécurité récurrente mais aussi à la pauvreté qui frappe plusieurs ménages dans cette province.

Lors d’un atelier organisé en partenariat avec le gouvernement provincial et l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le chargé d’analyse et cartographie de la vulnérabilité au Pam en RDC, Koffi Akakpo, a expliqué :

«D’abord, il y a la diminution de la production agricole parce qu’il y a l’insécurité. Les gens n’ont plus accès à leurs champs; les gens sont privés de leurs moyens de subsistance, qui est essentiellement l’agriculture. Donc, les gens ne produisent plus assez pour couvrir leurs besoins.»

Même en temps normal, a-t-il poursuivi, «l’agriculture qui est pratiquée est une agriculture de subsistance, c’est-à-dire ce n’est pas une agriculture industrielle, donc les rendements sont faibles, la production est faible.»

Koffi Akakpo précise que les conflits armés se greffent à d’autres problèmes liés à l’économie et à la pauvreté de la population locale :

«Les gens n’ont pas assez des ressources pour aller sur le marché pour se procurer les vivres, qui continuent d’enregistrer des prix élevés. Il y a l’insécurité qui perturbe le commerce entre les territoires, entre les provinces. C’est-à-dire les circuits commerciaux traditionnels sont perturbés.»

Dans cette situation, a-t-il expliqué, «les zones excédentaires ne peuvent plus acheminer l’excédent vers les zones déficitaires. Donc, les ménages qui se retrouvent dans les zones déficitaires ont tendance à faire face à des prix qui sont très élevés et qui ne sont plus à leur portée.»

Le ministre provincial de l’agriculture, Nzanzu Kasivita, a indiqué que dans le but de résoudre cette crise, le gouvernement provincial supervisait des campagnes agricoles au cours desquelles des semences et outils aratoires étaient «distribués dans des zones accessibles sur le plan sécuritaire.»

En outre, les humanitaires ont proposé d’apporter une «assistance alimentaire ciblée » en faveur des ménages en insécurité alimentaire, c’est-à-dire vivant dans une  situation qui ne leur garantit pas à tout moment l’accès à une nourriture suffisante à la fois sur le plan quantitatif et qualitatif.

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