Elections en RDC : l’opposition et la majorité interprètent différemment le message de John Kerry

John Kerry, secrétaire d’Etat américain le 3/05/2014 lors de son arrivée à l’aéroport international de Ndjili à Kinshasa pour une visite du travail. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

L’opposition et la majorité ne semblent pas avoir retenu le même message des propos de John Kerry sur l’avenir du président Joseph Kabila après 2016. Pour le député de l’opposition, Jean-Lucien Busa, John Kerry s’est opposé à toute modification de la constitution « pour prolonger ou modifier le mandat de quiconque ». Le porte-parole du gouvernement de la RDC, Lambert Mende, estime pour sa part que les propos du responsable américain ont été tordus.

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Pour Jean-Lucien Busa, l’Opposition est satisfaite de la position du diplomate américain qui, selon lui,  rejoint la sienne au sujet de l’alternance politique en 2016.

« Nous sommes d’accord avec le secrétaire d’état américain pour considérer que personne et alors personne ne peut se permettre de modifier la constitution de la république pour prolonger ou modifier le mandat de quiconque », a-t-il expliqué, ajoutant qu’on n’a pas besoin d’attendre la visite du secrétaire d’État américain en RDC « pour que l’alternance démocratique consacrée dans la constitution soit la règle d’or ».

Pour l’opposant, le pays a d’autres sujets urgents à traiter. « La première urgence est de terminer le cycle électoral déjà amorcé pour mettre fin à l’illégitimité du Sénat et des assemblées provinciales, ainsi que des gouverneurs des provinces », a affirmé le député, faisant allusion aux sénateurs, députés provinciaux et gouverneurs dont l’élection n’a toujours pas été organisée alors que leur mandat a expiré en 2011.

Pour sa part, le porte-parole du gouvernement affirme que les propos du secrétaire d’État américain n’ont pas été compris.

Pour Lambert Mende, John Kerry ne s’est pas opposé à une probable candidature du président Kabila en 2016.

« Je n’ai pas entendu monsieur John Kerry parler du président Kabila de ne pas se présenter en 2016, ça je n’ai pas entendu. J’ai entendu le ministre américain dire que le processus électoral doit se dérouler conformément aux prescrits de la constitution et au délai constitutionnel. Et là nous sommes tout à fait d’accord avec lui, mais il ne faut pas  inventer des choses uniquement pour désobliger notre président », a-t-il expliqué.

Lambert Mende a rappelé que le président Kabila n’a jamais dit qu’il était candidat pour l’élection présidentielle en 2016.

« Pourquoi voulez-vous que le ministre américain lui demande de ne pas être candidat », s’est-il interrogé.

Interrogé sur l’opposition de John Kerry à une révision de la constitution, le porte-parole du gouvernement a fait savoir que s’il s’agit « d’une révision inconstitutionnelle », le ministre américain a raison.

« Si c’est une révision inconstitutionnelle, il a raison de s’y opposer. Mais si les congolais ont estimé que certaines révisions sont possibles, je ne vois pas comment le ministre américain pouvait dire qu’il s’oppose à la volonté du peuple congolais ? Au contraire, il est venu soutenir la volonté du peuple congolais. Donc là aussi, nous sommes d’accord avec lui », a indiqué Lambert Mende.

Au cours de la conférence de presse clôturant sa visite à Kinshasa le dimanche 4 mai dernier, John Kerry a déclaré que le processus électoral en RDC devait être conduit conformément à la constitution du pays.

« Nous avons des limitations des mandats dans notre pays, nous avons vécu ce processus pendant des siècles et nous encourageons d’autres pays à respecter leurs constitutions », a-t-il expliqué.

Le débat sur la participation ou non de Joseph Kabila à l’élection présidentielle de 2016 agite la classe politique depuis plusieurs mois. L’actuel président congolais achèvera son second mandat en 2016. La constitution du pays limite le nombre de mandats présidentiels à deux. L’article 220 de la loi fondamentale indique que cette disposition ne peut faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle. Mais dans la famille politique de Joseph Kabila, certains ténors estiment que la constitution devrait être modifiée pour lui permettre de briguer de nouveaux mandats.

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