RDC: Udjani, le chef rebelle des Enyele décédé à Brazzaville

Une vue de la salle d’audience du tribunal militaire ce 29/04/2011 à Kinshasa, dont au fond les juges du seant et en avant plan, les prévenus lors du procès des presumés insurgés Eniele. Ph John Bompengo/ Radio Okapi

Le chef rebelle des Enyele, Udjani Mangbama, a été abattu, samedi 10 mai à Brazzaville. Le porte-parole du gouvernement de la RDC, Lambert Mende a confirmé cette information et il a expliqué le chef rebelle est décédé après un échange des tirs avec les éléments de la police du Congo Brazzaville lors d’un contrôle de routine, à Oando. Dans cet échange des tirs, Udjani a d’abord abattu quatre policiers brazzavillois. Il a ensuite reçu des balles, et il a succombé de ses blessures dans la capitale congolaise.

«Je peux confirmer que Udjani, le chef des rebelles Enyele, qui était en asile au Congo-Brazzaville était tué au cours d’une fusillade qu’il a provoquée en résistant à un contrôle de routine de la police dans la ville d’Oando à l’intérieur de la République du Congo », a affirmé Lambert Mende.

Ce chef de guerre, originaire de l’Equateur, s’était refugié au Congo/Brazzaville en 2009 après les représailles des FARDC sur son groupe. Kinshasa a depuis réclamé que Brazzaville puisse le lui rendre, mais les autorités de la République du Congo affirmaient qu’Udjani était en prison.

Pour Lambert Mende, «les circonstances de sa mort indiquent qu’il n’était pas en prison».

«Force est de considérer que même à Oando il aurait pu être en prison. Mais les circonstances de sa mort indiquent qu’il n’était pas en prison. Puisque c’était une villa tout à fait normale que les policiers ont assiégé», a regretté le porte-parole du gouvernement avant de continuer:

«S’il était en prison, je ne vois pas de policiers du Congo-Brazzaville assiéger un établissement de détention de leur pays. Donc c’est quelqu’un qui vivait en liberté».

Pour Mende, «c’est tout à fait regrettable qu’en dépit de tout ce qu’on nous disait, ce monsieur [NDLR : Udjani] n’était pas en détention».

«Et on se rend compte qu’il était un homme dangereux après qu’il ait tué quatre policiers du Congo Brazzaville, le pays qui lui avait donné asile contre notre avis. Je pense qu’à l’avenir on peut épargner à l’Afrique de telles fins», poursuit-il.

Qui est Udjani Mangbama?

Udjani Mangbama a lancé l’insurrection des Enyele en mai 2009 dans le village qui porte le même nom, qui du reste est son village natal dans le Secteur de Dongo, Territoire de Kungu (Equateur). Cette insurrection était consécutive à un différend non résolu autour des étangs riches en poisons entre sa communauté Enyele Bobala et les Monzaya Boba.

Encouragé par son père Ibrahim Mangbama, le chef spirituel de cette rébellion qui portera plus tard le nom de MLIA (Mouvement de Libération Indépendante et Alliés), Udjani mit à feu et à sang le secteur de Dongo et le reste du Sud-Ubangi.

Son insurrection gagna les territoires de Bomongo et de Libenge ainsi que la ville de Mbandaka.

Les autorités provinciales de l’Equateur n’avaient pas pris au sérieux ses menaces de marcher sur le chef-lieu de la province. Le 04 avril 2010, jour de la pâques, Udjani débarqua à Mbandaka, marcha sur le gouvernorat de province et l’assemblée provinciale et prit l’aéroport.

Ses combattants, à peine armés de quelques kalanichkovs et d’armes blanches avaient mis en déroute les Forces armées de la RDC.

Après son épopée sur Mbandaka, il gagnera le Congo-Brazzaville où il trouvera asile. Malgré le retour de la paix dans le Sud-Ubangi, ses combattants n’ont cessé de menacer de reprendre les armes.

Après la fuite d’Udjani à Brazzaville, son père, Ibrahim Mangbama, avait été arrêté en 2009 et il est condamné par la Cour militaire de l’Equateur pour mouvement insurrectionnel. L’incriminé était transféré à Kinshasa et il est depuis détenu à la prison militaire de Ndolo à Kinshasa.

En juin dernier, le collectif des avocats des présumés insurgés du Mouvement de libération indépendante et alliés (MLIA) avait dénoncé la procédure du jugement rendu par le tribunal militaire de garnison de Mbandaka  en  mai 2010. Ils estimaient avoir été trompés par ce tribunal, qui avait condamné ces insurgés sur base d’une liste au lieu de prononcer le jugement pour chaque prévenu.

A l’audience du 13 juin devant la cour militaire, qui siégeait au second degré sur cette affaire, ces avocats avaient présenté un mémorandum unique pour déplorer le comportement tribunal militaire de garnison de Mbandaka. Ils ont exigé que leurs clients soient relâchés.

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