Kinshasa: les expulsés de Brazzaville manquent de nourriture à Maluku

Les expulsés de Brazzaville dans leur nouveau site d’accueil aménagé à Maluku dans la périphérie est de Kinshasa, le 15 mai 2014. Radio Okapi/Ph. John Bompengo.

Relocalisés depuis mardi dernier à Maluku dans l’extrême Est de Kinshasa, les expulsés de Brazzaville tentent de toutes les manières pour survivre. La plupart d’entre eux n’ont rien à faire et ne jurent plus que par le retour dans leurs milieux d’origine. D’autres par contre se lancent dans de petits commerces pour subvenir à leurs besoins quotidiens. D’autant plus que depuis leurs arrivées sur le lieu jusqu’au vendredi 16 mai, ils n’ont toujours pas reçu d’aide alimentaire.

«S’il faut comparer entre le stade [Cardinal Malula où certains de ces expulsés étaient d’abord installés] et ici, je pense que là au moins nous mangions. Ici on ne mange pas, on a faim. En plus, nous n’avons pas d’argent», a témoigné un expulsé.

Ces expulsés disent être à bout de leur force. Ils ne reçoivent jusque là rien comme nourriture. Pourtant parmi eux, il y a des familles nombreuses. «Nous sommes au total neuf. Nous avons sept enfants », indique une femme.

Mais pour nourrir tout ce monde, cette femme qui attend encore le rapatriement vers son milieu d’origine, dit avoir trouvé une solution:

«J’ai mon petit restaurant de fortune pour aider mes frères expulsés. C’est le même métier que je faisais à Brazzaville, ici également je ne pouvais pas rester sans rien faire…»

Avec 500 francs congolais (1,6 dollars américain), on peut se procurer un morceau de poisson chinchard pour calmer sa faim. Mais, la quantité n’est toujours pas suffisante pour tous les expulsés à Maluku.

Par ailleurs, une autre femme, qui risque de mettre longtemps dans ce site, affirme que ce commerce l’aidera à survivre:

«Je n’ai pas d’endroit où aller. Toute ma famille est en Angola. A mon retour après avoir passé 10 ans à Brazzaville, j’ai trouvé que la parcelle a été vendue. J’ai six enfants et je ne sais où aller. Voilà pourquoi je me débrouille pour nourrir les enfants.»

La débrouillardise semble être l’unique voie de survie pour beaucoup de gens dans ce camp des expulsés de Maluku.

Au site de Maluku, la Croix-Rouge de la RDC a aménagé deux grands hangars et des tentes. Mais elles restent insuffisantes pour près de 3 2 000 personnes. «Ce que nous avons reçu de Ledya ne saura suffir car si on donne aux uns, ça créera des frustrations chez les autres», a expliqué Djimmy Masuengele, cadre de la Croix-Rouge de la RDC.

Une clinique mobile est installée, depuis mercredi dernier, pour une assistance médicale dans ce site, où les personnes vivent dans une promiscuité totale.

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