RDC : la grève des magistrats se radicalise

Des magistrats devant la primature, lors d’une marche de protestation contre leurs conditions de travail, mardi 30/09/2011. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

La grève des magistrats congolais se radicalise, alors que les grévistes affirment recevoir de plus en plus de menaces. Dix jours après le déclenchement de ce mouvement, plusieurs audiences ne sont pas tenues dans les cours et tribunaux à travers le pays, en dépit des intimidations et des demandes d’explication que les magistrats grévistes reçoivent de la part de leurs supérieurs hiérarchiques à Kinshasa, comme dans l’arrière-pays. L’association africaine des droits de l’homme (Asadho) et l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) condamnent ces menaces et recommandent au gouvernement d’entamer des négociations avec les magistrats.

Au parquet de grande instance de Matete, 40 magistrats grévistes sont invités par le procureur de la République près le Tribunal de grande instance, à justifier leur absence prolongée au travail, sous peine d’être admis en chambre disciplinaire.

Au parquet de la Gombe, 45 magistrats viennent de recevoir la même demande d’explication mais persistent à radicaliser leur mouvement de grève.

Selon l’Asadho, le 6 novembre dernier au Katanga, le procureur général près la Cour d’appel a interpellé plusieurs magistrats grévistes de Kambove. Ils ont été entendus sur procès-verbal pour leur participation à la grève.

Plusieurs autres à Lubumbashi, à Mbuji-Mayi, à Mbandaka et dans le Grand Kivu se plaignent aussi d’intimidations qu’ils subissent de la part de leurs chefs.

C’est dans ce contexte qu’Acaj annonce l’arrestation d’un défenseur des droits de l’homme à Lubumbashi par le parquet général, pour avoir vulgarisé le communiqué du Synamac soutenant cette grève.

Face à toutes ces menaces, l’Asadho et l’Acaj recommandent au premier président de la Cour suprême de justice de lever sa mesure d’interdiction de toute activité syndicale, et aux procureurs chefs des parquets de mettre fin aux intimidations des grévistes.

Ces derniers revendiquent toujours leur salaire minimum de 1 600 dollars américains annoncé par le chef de l’État depuis septembre 2011.

Par ailleurs, l’Intersyndicale des magistrats a condamné «l’apologie du crime» qui a consisté, selon elle, à entendre le président du Tribunal de Grande instance de Bunia banaliser la blessure par balle dont un magistrat gréviste a été victime lors d’une altercation avec ses policiers de garde. Elle invite les chefs d’offices et des juridictions à la retenue pour ne pas laisser la situation s’envenimer.

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