Miba: certifier les réserves, préalable pour la relance


Le siege de la Miba à Mbuji Mayi

Le comité de gestion de la Minière de Bakwanga, la Miba, s’est réuni au début de cette semaine pour dégager les priorités à considérer dans le plan d’urgence de relance des activités de cette entreprise. La certification des réserves de la société figure parmi ces priorités.

Cette rencontre fait suite à l’annonce par le gouvernement central, il y a plus d’une semaine, du versement de dix millions de dollars américains.

Jeudi dernier, le ministre des Mines a expliqué devant les journalistes que dans moins d’une semaine, cinq millions de dollars seront versés à la Miba. Comment  la direction de la société va-t-elle affecter cette enveloppe ?

Pour la haute direction, la première priorité demeure la certification des réserves. Cela suppose une contre vérification des réserves ou des gisements de diamant dont disposerait la Miba actuellement.

Sur base des résultats de cette certification, la Miba pourrait se présenter auprès de potentiels bailleurs des fonds et solliciter de nouveaux financements.

Certification des réserves

Ce ne sera pas la première opération de vérification et de contre vérification des gisements des diamants de la Miba. Il suffira à la direction de l’entreprise de recourir aux statistiques disponibles dans les services de la société.

Selon Lem’s Kamwanya, coordonateur national adjoint du projet assistance aux mines,  près de 70 millions de carats  dormiraient dans le polygone minier de la Miba :

« Au niveau de la Miba, les services avaient procédé à l’évaluation des réserves en carats au niveau du polygone. Et selon ces estimations, 70 millions de carats dormiraient encore. Avec l’exploitation, elles peuvent tourner entre 48, 50 ou 60  millions de carats. Cependant, les banques étrangères qui sont prêtes à financer la Miba ou certains partenaires ne sont pas très sûrs des estimations des services de la Miba. Ils demandent par conséquent une contre vérification pour confirmer ou pas ces estimations.»

Dans ses prévisions, et sur base des dix millions de dollars promis, la direction de la Miba se propose d’affecter  1,2 million  dollars américains à la certification des réserves.

Mais dans son plan initial de relance, la part prévue pour la certification est de  2 millions 500 mille dollars américains. Puisque dix millions devaient être versés au départ, l’entreprise a  réduit également de moitié la part prévue pour cette tâche.

Donc, on est parti de 20 millions à 10 millions, et aujourd’hui on est à cinq millions. Le comité de gestion sera appelé peut-être à redimensionner encore les parts.

Mais les experts pensent qu’il faut davantage d’argent et même de temps pour seulement procéder à la certification. C’est ce que soutient Aimé Tshibanda,  chercheur en géologie et assistant à l’Université officielle de Mbujimayi :

« Je pense que l’enveloppe  actuelle est insignifiante. S’il faut faire une certification avec des maisons extérieures et couvrir tout le polygone, ce travail nécessite beaucoup d’argent et beaucoup de temps. Et c’est la Miba qui doit mettre de l’argent à la disposition des partenaires extérieurs. Et les dix millions de dollars, c’est très peu pour ce genre de travail de certification. Si on est réaliste, la Sibeka existe à la Miba depuis très longtemps, elle a une longue expérience. Je pense qu’elle est bien placée pour aider à relancer la Miba, étant donné que la Sibeka est partenaire, elle a confiance et n’aura pas besoin de certification.»

Contourner la certification ?

Des analystes estiment que le gouvernement congolais devrait accéder à la requête de la Sibeka,  actionnaire minoritaire détenant 20 % des parts contre 80% au gouvernement congolais. La Sibeka serait en mesure de financer la reprise de la production à la Miba. Elle n’exigerait que la révision de ses parts à la hausse.

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