Sud-Kivu: les carrés miniers divisent exploitants et chefs de collines

Des creuseurs dans une mine artisanale de cassitérites, Sud Kivu, 2006.Des creuseurs dans une mine artisanale de cassitérites, Sud Kivu, 2006.

Des creuseurs dans une mine artisanale de cassitérites, Sud Kivu, 2006.

La levée de la mesure interdisant l’exploitation des minerais dans les deux Kivus, annoncée au début du mois de mars 2011, n’a pas seulement suscité de l’allégresse dans le secteur des mines. Elle a aussi entraîné des mécontentements entre les exploitants artisanaux, des chefs de collines, des coopératives et des multinationales dans certains sites miniers. C’est notamment le cas dans la province du Sud Kivu.

A Mukungwe, territoire de Walungu, les creuseurs sont en conflit avec  un chef de colline. Ce dernier est accusé de réquisitionner des militaires pour maintenir l’ancienne pratique qui consistait à remettre au chef local 50% de production dans chaque carré minier.

Cette pratique est contestée par les exploitants artisanaux. Ils réclament le respect des actes d’engagement récemment signés à Kinshasa entre les responsables des coopératives minières, les exploitants artisanaux et le gouvernement central.

Ces acte d’engagement stipulent plusieurs recommandations aux exploitants artisanaux notamment l’interdiction de procéder aux trocs, de ne vendre leurs marchandises que dans des comptoirs reconnus et de ne travailler que dans des zones exclusivement reservées à l’exploitation artisanale.

A Lugushwa, territoire de Mwenga, un autre problème se pose. Sur ce site d’exploitation minière, la mésentente est visible entre les creuseurs artisanaux et Banro, une entreprise multinationale qui exploite l’or. Les creuseurs envahissent le périmètre concédé à Banro par le gouvernement congolais.

Pour le chef de division provinciale des mines, Michel Liete wa Tuta, ce problème avait déjà été réglé : « dans les engagements qui ont été pris aussi bien par les responsables des coopératives minières que par les exploitants artisanaux, il était clairement dit que ces derniers ne devaient pas envahir les sites concédés [aux entreprises minières]. »

A Kalehe, deux coopératives minières se disputent aussi la légitimité des carrés miniers. La coopérative minière pour le bien-être de Kalehe (Comdeka) et la Coopérative minière de Kalehe (Comika) exploitent un même puits. Ces deux groupes s’étaient arrangés pour une exploitation rotative, méthode à la base de plusieurs divergences entre ces deux associations. Actuellement, chacune des coopératives réclame l’exploitation exclusive.

Face à ces conflits liés aux droits d’exploitation minière, le coordonnateur de l’ONG Observatoire, gouvernance et paix (OGP) demande au gouvernement de la République démocratique du Congo de définir et de borner clairement les zones exclusives d’exploitation artisanales, unique voie de sortie de la grogne sociale qui pointe à l’horizon, selon elle.

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