Le Potentiel : « Face à une classe politique irresponsable : Le peuple s’assume à travers les catholiques »

Les Chrétiens de la paroisse « Bienheureuse Anuarite» en pleine marche pacifique contre la balkanisation se dirigent vers la Cathédrale Notre Dame du Très Saint Rosaire pour assister à une messe en faveur de la paix dans l’est de la RDC. Radio Okapi/Ph. Aliana Alipanagama

Revue de presse kinoise du jeudi 2 août 2012

Le Potentiel fait sa une ce matin sur la marche organisée hier par l’Eglise catholique contre la guerre dans l’Est de la RDC. Plus rien ne se décidera, désormais, sans le peuple congolais, écrit le journal qui rapporte que les catholiques ont répondu par milliers à l’appel de leurs évêques.

Les attitudes ambiguës, versatiles, hypocrites, irresponsables, sans conviction de la classe politique frisant la complicité avérée, poursuit le quotidien, la marche des catholiques est la démonstration parfaite d’un ras-le-bol de la nation entière déterminée à reprendre en main son destin.

Sans casse ni incident majeur, note le confrère, les catholiques ont dit « Non à la balkanisation » du pays, à travers des marches organisées dans tous les diocèses. Seuls les diocèses de Goma et Kisangani n’auraient pas répondu à l’appel, relève Le Potentiel.

Le quotidien indique que cela fait trois mois depuis que cette nouvelle agression menée sous le couvert d’une pseudo-rébellion dénommée Mouvement du 23 mars (M23).

Dans leur démarche, commente le journal, ces militaires rwandais ont un seul objectif : balkaniser la RDC. Préoccupée, l’Eglise catholique a pris la décision de mener des actions de lobbying afin de sensibiliser la population pour faire échec à ceux qui cherchent à morceler le pays.

Pour sa part, La Prospérité annonce: « Non à la balkanisation : l’Eglise catholique envoie un signal fort ! ».

‘‘…Oui le Saint Esprit descendra et le Congo sera sauvé, oui le Saint Esprit descendra et le Kivu sera sauvé…’’, psalmodiaient des milliers des fidèles catholiques ce mercredi 1er août 2012, dans leurs paroisses respectives, raconte le journal, lors de la messe matinale, signe de réarmement spirituel, avant la marche de l’espérance pour dire NON à la Balkanisation de la RD-Congo.

Avec une réussite qu’on peut qualifier, sans contradiction aucune, de totale, doublée d’une forte mobilisation et d’une discipline exemplaire, poursuit le quotidien, cette marche qui a été organisée à l’initiative de la CENCO, est partie, dans la Capitale, de chacune des églises locales, juste après la messe matinale, c’est-à-dire à 7 heures, passant par les grandes artères de différentes communes de Kinshasa, pour chuter dans les 14 paroisses dites doyennés.

Au passage, on pouvait lire sur les calicots : ‘‘‘‘trop de mort au Congo, pas question de Balkaniser la RDC’’, ‘‘Non à la guerre’’ ; ‘‘Non à la balkanisation’’ ; ‘‘Non aux pillages et à l’exploitation illicite des ressources naturelles de la RD-Congo’’ et, enfin, ‘‘Non à l’agression’’.

Au doyenné Saint François de la Salle de Kintambo, c’est M. l’Abbé Léonard Santedi, Secrétaire Général de la CENCO, dans une église pleine comme un œuf, qui a officié la messe, en présence de quelques personnalités politiques dont les Honorables Gilbert Kiakwama, Franck Diongo, M. Chérubin Okende, M. Beltchika, pour ne citer que ceux-là.

L’Observateur s’intéresse aux retombées de cette manifestation et s’interroge en titre: « Marche des catholiques, Kagamé et ses complices ont-ils compris ? ».

Pour le quotidien, à travers cette marche les catholiques et d’autres Congolais viennent de prouver à la face du monde que quelles que soient leurs divergences politiques, du reste communes à tous les pays du monde, ils ne sont pas du tout prêts à laisser tomber la moindre position, minime  fut-elle, de leur territoire national.

Ils savent et sont conscients qu’ils n’ont que cette terre comme héritage leur légué par leur ancêtres. Ce patrimoine fabuleusement doté des immenses potentialités n’a pas été acquis de manière frauduleuse ou par invasion terroriste, analyse le journal qui poursuit : « C’est le ciel qui a voulu que cette partie de l’Afrique soit comblée de tant de richesses de diverses natures. Personne donc quelle que  soit sa puissance ne doit oser aller à l’encontre de ce que la nature a décidé. »

Et les pères fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), ancêtre de l’actuelle UA, écrit le confrère, comme s’ils étaient tous d’origine congolaise avaient voté une résolution interdisant toute velléité de révision des frontières hérités de la colonisation, une manière de dire catégoriquement que les pays africains vont garder intacte leur configuration actuelle, quelles que soient les tentatives de déstabilisation des ennemis de l’Afrique.

Après ce 1er août, conclut l’Observateur, le gouvernement devrait comprendre la direction que les Congolais veulent lui donner :

« Il s’agit de se rendre à l’évidence qu’il n’est pas question du tout d’hypothéquer la souveraineté du pays acquise au prix de mille et un sacrifices et de se lancer dans un dialogue hasardeux dont le but serait de satisfaire les appétits des hégémonistes dont les intentions sur la partie est de la RDC ne sont plus un mystère. »

Dans son éditorial intitulé « Le paix se gagne », le journal indique que la communauté nationale comme le monde ont été témoins de la belle unanimité des Congolais lors de la marche d’hier.

Mais l’Observateur révèle que lorsqu’il faut parler du déploiement de la force neutre à la frontière entre le Rwanda et la RDC, cette belle unanimité disparaît.

Pour bon nombre de nos compatriotes, le déploiement de la force neutre ne se justifie pas. Le journal estime que c’est plutôt la Monusco qui doit impérativement changer de mandat pour s’adapter à la nouvelle donne sur le terrain.

Si les avis divergent, poursuit le quotidien, les Congolais dans leur immense majorité semblent oublier que s’ils refusent qu’un centimètre carré de cette terre congolaise ne soit cédée à qui que ce soit, ils ont aussi l’obligation de la défendre à tout prix.

« Il n’est donc pas normal qu’on se rabatte sur la Monusco et ses éléments alors que ce devoir  de défendre la terre de nos ancêtres nous incombe en premier lieu », conclut l’Observateur.

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