RDC: appel pour « empêcher » l'extradition d'un journaliste burundais

La capitale du Burundi, Bujumbura, en premier plan et les montagnes du Sud Kivu derrière. 2006.

Reporters sans frontières (RSF) a appelé mercredi 30 décembre les autorités de la RDC à « empêcher » l'extradition d'Egide Mwemero, un journaliste burundais détenu en RDC depuis octobre dernier pour "des raisons sécuritaires". 

Ce journaliste de la Radio publique africaine (RPA), média burundais fermé par les autorités de Bujumbura, avait été arrêté le 13 octobre dernier à Uvira (Sud-Kivu), à la frontière du Burundi et transféré le 5 novembre à Kinshasa pour "l'éloigner de la frontière", avaient justifié les autorités locales.

Le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, a, dans un communiqué, parvenu à l’AFP indiqué que le journaliste "serait en grand danger s'il était renvoyé vers son pays d’origine".

"Nous demandons aux autorités congolaises d'empêcher ce transfert et de libérer Egide Mwemero immédiatement", a souligné M. Deloire.

Egide Mwemero collaborait à une émission quotidienne sur le Burundi en kirundi (langue du Burundi parlée également au Sud-Kivu), selon la direction de la radio Le Messager du Peuple, émettant à Uvira.

Sa diffusion sur les ondes de cette radio communautaire sans préférence politique affichée avait commencé début octobre.

Les autorités provinciales avaient justifié l'arrestation du journaliste par des "raisons sécuritaires", accusant la radio de propager" des propos qui menacent sérieusement la paix au Burundi".

La Radio publique africaine où travaillait auparavant le journaliste Egide Mwemero a été accusée par le pouvoir burundais d'être un media d'opposition et avait été fermée fin avril avant d'être rouverte brièvement en mai pendant le putsch manqué contre le président Pierre Nkurunziza.

Ses installations avaient ensuite été détruites par les forces loyalistes. La quasi-totalité de ses journalistes vivent aujourd'hui en exil.

Le Burundi a plongé dans une grave crise politique émaillée de violences depuis l'annonce fin avril de la candidature de M. Nkurunziza à un troisième mandat qui, selon l'opposition, la société civile et jusqu'à une partie de son propre camp, viole la Constitution et l'Accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile (1993-2006).

Depuis la réélection de M. Nkurunziza en juillet, les violences se sont renforcées.

(AFP)

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