Edem Kodjo: «Je ne peux forcer les gens à venir participer au dialogue»

Le facilitateur de l’Union Africaine pour le dialogue politique en République Démocratique du Congo, Edem Kodjo lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le 14/06/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo.

Annoncé en novembre 2015 par le chef de l'Etat Joseph Kabila, le dialogue national débute jeudi 1er septembre à la Cité de l’Union africaine (UA) à Kinshasa malgré le boycott d’une frange de l’opposition et de la société civile, réunies au sein du Rassemblement de l’opposition que dirige Etienne Tshisekedi. Cette plateforme de l’opposition estime que le gouvernement n’a pas levé ses préalables dont la libération des prisonniers politiques et la réouverture de tous médias fermés. Le Facilitateur Edem Kodjo confirme le début des travaux de ce forum sans cette partie de l’opposition dans un entretien accordé à Radio Okapi.
 
Radio Okapi: Monsieur le facilitateur Edem Kodjo, ce jeudi vous allez inaugurer les travaux du dialogue tant attendu. Est-ce que toutes les batteries sont mises en marche pour que ces travaux démarrent ?

Edem Kodjo : Je crois que le décor est bien planté. Les travaux démarreront ce jeudi et se tiendront à la Cité de l’UA. Nous espérons que de la même façon que les travaux du comité préparatoire ont été couronnés de succès, nous aurons le même succès pour le dialogue lui-même qui est plus compliqué que les travaux préparatoires.

Radio Okapi: Qu’est-ce que vous faites alors des préalables soulevés par l’opposition. Vous y allez puisqu’il y a une partie de préalables qui ont été réalisés par le pouvoir ?

Edem Kodjo : Nous fournissons des efforts nécessaires et nous ne cesserons pas de les fournir pour que tout ce qui est préalable soit levé avant, pendant voire même après le dialogue. Je suis très heureux de constater que certaines des actions que j’ai menées, de façon discrète mais persistante auprès des autorités, ont été couronnées de succès. Donc, je suis encouragé à continuer dans cette voie pour des cas qui sont plus compliqués que d’autres. Je ne me découragerai pas. Nous irons au dialogue parce qu’une partie de préalables a été levée et que nous continuerons, peut-être même pendant le dialogue, à œuvrer pour que le reste de préalables soit dissipé.

Radio Okapi : Dans une de vos précédentes déclarations, vous disiez que vous n’irez pas au dialogue sans l’UDPS ou sans Tshisekedi. Cette fois-ci, vous y allez sans Tshisekedi ?

Edem Kodjo : Ce n’est pas ma volonté. Ma volonté, je l’ai exprimée clairement et si les parties ne veulent absolument rien entendre et que les choses doivent demeurer à l’état, nous irons au dialogue avec les volontaires qui sont là et qui sont de plus en plus nombreux. Mais, j’ajoute tout de suite que la porte sera toujours ouverte. A mon humble avis, ce ne sont pas les communiqués, condamnant X, Y ou Z qui vont régler les problèmes du Congo mais une détermination à avoir avec les autres fils du Congo de résoudre les problèmes qui se posent à la nation.

Radio Okapi: Ceux qui vous accusent de partialité pensent que vous avez fait la part belle à de pseudo opposants qui viennent violer la constitution à travers la feuille de route du dialogue ?

Edem Kodjo : Je mets au défi quiconque de mettre en exergue une seule action du facilitateur…C’est l’habitude ici au Congo de vaticiner sur les facilitateurs. Le pays a une histoire de dialogue et ça toujours été comme ça. Les gens sont toujours accusés de partialité. Il n’y a pas si longtemps que les partisans de l’opposition m’accusaient de partialité en faveur de l’UDPS.

Radio Okapi : Vous êtes avec une partie de l’opposition que d’aucuns qualifient de ne rien représenter comme poids politique?

Edem Kodjo: Les élections seules peuvent déclarer cela. A l’heure actuelle, les gens qui sont là viennent pour des raisons diverses. Je souhaite que tout le monde soit là. Je l’ai dit: La porte est ouverte, les paumes [des mains] sont ouvertes. Si les gens viennent, c’est bien et s’ils ne viennent pas, je ne peux pas aller forcer les gens à venir participer à un dialogue.

Radio Okapi : La feuille de route [du dialogue] propose un accord politique ou un compromis politique comme nécessité en cas de non élection. Est-ce que cet accord ne violera pas la constitution ?

Edem Kodjo: A mon avis, tout ça est prématuré. Laissons les gens débattre d’abord et on verra bien ce qui sera proposé.

Propos recueillis par Jeef Ngoy:

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