Joseph Kongolo: «La visite de la délégation de l’ONU a été d’une utilité capitale»

Arrivée à Kinshasa vendredi dernier dans la soirée, la délégation du Conseil de sécurité de l’ONU a bouclé sa visite, dimanche 13 novembre, par l’étape de Beni, territoire du Nord-Kivu en proie aux tueries des civils. Invité de Radio Okapi lundi 14 novembre, l’analyste politique congolais, Joseph Kongolo a qualifié cette visite d’utile.

Radio Okapi : Joseph Kongolo bonjour. Quelle analyse faites-vous de la visite de la délégation de l’ONU en RDC. L’avez-vous trouvée utile ou pas ?

Joseph Kongolo:   Cette visite a été utile parce qu’elle a permis de lever les voiles sur les enjeux véritables de cette crise en RDC. Je pense que la visite de cette délégation a été d’une utilité capitale. Surtout elle doit permettre à la CENCO à pouvoir réorienter sa politique de facilitation en fonction de quelques révélations faites au cours de cette visite de la délégation de la communauté internationale.

Radio Okapi : Vous parlez de quelques révélations. Qu’en savez-vous alors ?

Joseph Kongolo : la première révélation est celle de l’ambassadeur de Grande Bretagne quin a levé les voiles sur les dessous de carte de tous ces enjeux. Les enjeux cachés ont été dévoilés. Il y a des dispositions clés telles que on ne peut pas faire le référendum, le président de la République ne pouvait plus se représenter pour un nouveau mandat. Ce sont des causes qui ont été élaguées de cet accord. Ça montre que ce sont des ouvertures faites à dessein pour permettre au président de la République de créer de nouvelles contingences politiques de manière à permettre la révision de la constitution et à élaguer l’article 220 et d’autres qui empêchent le président de la République de se représenter.

Radio Okapi : Vous pensez que cette délégation de l’ONU a compris ça et qu’elle en a parlé avec les différents états-majors particulièrement avec le président de la République ?

Joseph Kongolo : Je crois que la primeur de ce rapport sera réservée au secrétaire général [de l’ONU]. Mais au moins elle qui avait déjà des soupçons sur l’ensemble de ces agendas. Je crois que ce passage a permis de toucher du doigt la réalité de tous ces soupçons. La preuve est l’itinéraire de cette délégation qui va traverser vers l’Ouganda et vers l’Angola. Cet itinéraire en dit long. Pratiquement, ce sont des parrains du régime en place ici. C’est pour continuer à faire pression sur ces parrains du pouvoir de manière à libérer la démocratie et à respecter la constitution dans l’esprit et dans la lettre.

Radio Okapi : cette délégation dit être venue en RDC pour prévenir. Pensez-vous connaitre qui ou quoi elle est venue prévenir ?

Joseph Kongolo : S’il y a prévention, c’est d’abord auprès des autorités officielles du pays. C’est auprès de ces autorités qu’on est venu pour tenter de jauger le degré de responsabilité de l’ensemble d’acteurs politiques de la RDC et enfin des acteurs au pouvoir en RDC. C’est justement le rôle de cette visite. Malheureusement, le rapport de cette délégation montre que la violence est encore là et il faut encore continuer à soutenir la facilitation de la CENCO ou faire intervenir d’autres acteurs internes ou non internes de manière à exercer une pression sur l’ensemble d’acteurs politiques et espérer de trouver un large consensus.

Radio Okapi : Les différents acteurs se réjouissent d’avoir rencontré cette délégation du Conseil de sécurité. Pensez-vous que c’est juste de la surenchère ou une réelle satisfaction d’avoir gagné quelque chose ?

Joseph Kongolo: Je crois que cette délégation clairement et visiblement n’a pas soutenu la majorité, moins encore l’opposition mais elle a semblé responsabilité davantage les acteurs politiques de manière à accroitre leurs capacités de responsabilité.

Radio Okapi : Pensez-vous que cette délégation a pu obtenir des avancées quelconques ?

Joseph Kongolo : Nous croyons qu’en tête-tête, ils doivent avoir donné des instructions précises aux uns et aux autres de manière à élargir l’inclusivité de cet accord [du 18 octobre dernier], mettre sur pied une politique commune de gestion de la période flottante, celle qui partira de décembre 2016 au jour de l’organisation des élections.

Radio Okapi : Qui peut réellement faire aboutir les choses. Est-ce l’ONU, la CENCO ou les différents protagonistes eux-mêmes ?

Joseph Kongolo: Si le degré de responsabilité des autorités politiques de la RDC était élevé, l’ONU ne viendrait et la CENCO n’aurait pas ce travail non plus. Comme cela n’est pas le cas, voilà pourquoi l’ONU s’invite parce qu’elle ne peut pas laisser les milliards de dollars qu’elle a investis en RDC pour stabiliser la situation. Voilà pourquoi la CENCO, dans sa mission ecclésiastique ne peut pas laisser le pays se fondre. Voilà pourquoi tous ces acteurs trouvent leurs places dans ce duel. Je crois que si le président de la République, Joseph Kabila, Etienne Tshisekedi, Vital Kamerhe et tous les autres peuvent se mettre autour d’une table, il y aura un consensus beaucoup plus large et plus stable et durable.

Propos recueillis par Donat Madimba.

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