CPI: Bosco Ntaganda veut se présenter comme un « être humain »

L'ancien chef de guerre congolais Bosco Ntaganda a l'intention de décrire en détails mercredi devant la Cour pénale internationale (CPI) son rôle de commandant des rebelles en 2002 et 2003 et se présenter comme « un être humain ».

Près de deux ans après l'ouverture de son procès, celui que l'on surnommait autrefois « Terminator » devrait relater les événements qui se sont déroulés lorsqu'il était chef adjoint de l'état-major général des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC).

L'homme à la moustache en traits de crayon « décrira tout ce qu'il a fait durant le conflit », a annoncé Stéphane Bourgon, son conseil. « Il donnera une description complète, étape par étape et jour par jour ».

« A travers ce témoignage, M. Ntaganda souhaite expliquer qui il est et veut s'assurer que les gens le perçoivent comme un être humain. Il veut parler aux juges personnellement », a-t-il ajouté dans une interview à l'AFP lundi.

A l'ouverture de son procès en septembre 2015, l'ancien rebelle avait plaidé non coupable des treize crimes de guerre et cinq crimes contre l'humanité qui lui sont reprochés, dont meurtres, pillages, attaques contre des civils, viols et esclavage sexuel, commis par ses troupes en 2002-2003 en Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

D'après la procureure Fatou Bensouda, Bosco Ntaganda « était un des commandants les plus importants » lors de crimes « ethniques » qui ont engendré la mort de 60.000 personnes.

Il est accusé d'avoir orchestré des attaques menées par les FPLC, ce bras armé de l'Union des patriotes congolais (UPC) à prédominance Hema combattant principalement des milices Lendu pour le contrôle de cette région aux nombreuses mines d'or.

Ces attaques laissaient derrière elles des corps « ligotés au niveau des bras », « en sous-vêtements », « éventrés », « les têtes écrasées par des pilons », avait rapporté un témoin devant la Cour.

Grand, teint clair, très imbu de lui-même et connu pour avoir la gâchette facile, le chef de guerre aurait donné les ordres, planifié et programmé les opérations, coordonné la logistique et fourni les armes.

Il aurait aussi « recruté personnellement des enfants », selon Nicole Samson, représentante du bureau de la procureure. Des « kadogo », des « jeunes » en swahili, filles et garçons, qu'il choisissait pour son escorte personnelle et qu'il habillait et armait pour le combat, une fois leur entraînement militaire terminé.

« Tout reste à prouver »

Durant 64 jours d'audience, l'accusation a présenté jusqu'au 16 février 71 témoins, 1.300 documents et onze témoins-experts comme éléments de preuves.

Mais dans cette affaire, « tout reste à prouver », assure Me Bourgon. Avec 109 témoins et quatre experts appelés devant la Cour, la défense veut combattre la réputation de son client: celle d'un chef de guerre opportuniste et sans pitié au sein des rébellions où il a successivement évolué. Du génocide des Tutsi au Rwanda (1994) au Mouvement du 23 mars (M23) au Nord-Kivu.

Ce sont des dissensions accompagnées de combats au coeur du M23 qui l'avaient contraint à fuir et à se réfugier à l'ambassade des États-Unis à Kigali. Là, il avait demandé son transfèrement à la CPI en mars 2013.

L'Est de la RDC est englué dans des guerres dont le nerf est le contrôle des ressources minières. En deux décennies, les conflits ont impliqué les armées d'au moins six nations africaines et causé la mort de trois millions de personnes, selon les estimations d'ONG.

Avec l’AFP.
 

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