[REPORTAGE] A Kananga, on roule à deux roues

Dans les avenues de Kananga, impossible de ne pas les croiser. On les emprunte pour faire ses courses, aller au travail ou transporter des colis. Dans la capitale provinciale du Kasaï-Central, les motos sont omniprésentes. A Kananga, on roule à deux roues.
 
Reportage

Sur les routes balayées tous les jours du centre-ville de Kananga, ce sont les deux roues qui sont les reines. Avec un ou deux passagers, elles roulent à toutes les heures de la journée.

Les conducteurs à la recherche des clients n’hésitent pas à s’arrêter pour demander aux piétons s’ils ne souhaitent pas poursuivre le chemin sur la moto.

«Ici, notre taxi c’est la moto», s’amuse un habitant de la ville.

 Jean travaille dans un bistrot de la ville. Pour faire ses courses, il recourt souvent aux taxis-motos, «seul moyen de transport qu’on a ici».

 «Seules motos nous aident pour le transport. Les bus sont là mais ils n’empruntent que la route menant vers Kananga 2 et Notre Dame», explique-t-il.

C’est tôt le matin qu’on entend les premiers bruits de moteur des motos à Kananga.

 Jean-Pierre commence à sillonner la ville dès 6 heures du matin. Avant les violences qui ont éclaté dans les Kasaï depuis une année, il sortait plus tôt avec sa moto pour transportait ses clients même vers les quartiers les plus éloignés du centre-ville.

Depuis le début de la crise, il est plus prudent.  «Quand la ville était calme, on pouvait commencer à travailler à 4 heures du matin jusqu’à minuit voire 1 heure. En ce moment-là, on pouvait gagner jusqu’à 30 000 francs congolais. Mais actuellement, on travaille de 6 heures à 19 heures ou 20 heures. Au-delà, vous risquez de tomber entre les mains des bandits.»

Avec la multiplication des motos dans la ville, les recettes des motards ont fondu.

Quand il s’est lancé dans cette affaire en 2009, Jean-Pierre pouvait faire jusqu’à 30 000 francs congolais de recettes par jour. Actuellement, il ne dépasse pas les 15 000 francs congolais pendant les bons jours.

Combien y a-t-il des taxis-motos à Kananga ? Pas sûr que leur nombre exact soit connu.

C’est d’ailleurs pour cette raison que la mairie a lancé une opération d’identification des taxis motos pour les doter des plaques d’immatriculation.

La moto plutôt que le bus

Les motos ne sont pas les seules deux roues qui circulent dans la ville. Des vélos ont aussi leur place sur la chaussée urbaine. Tout au long de la journée, ils transportent notamment des sacs de maïs, des sacs de braise et des briques cuites.

A Kananga, motos et vélos côtoient quelques rares véhicules qui appartiennent à des organisations internationales, à des entreprises privées ou publiques et à quelques personnes privées.

Pour le transport en commun, une trentaine de bus de l’entreprise publique TRANSKAC desservent quelques lignes dans la ville. La course revient à 400 francs congolais.

Légèrement plus bas qu’une course de moto qui se négocie à 500 francs congolais. Mais à la différence des motos, les bus publics n’empruntent que les voies principales de la ville. Ce qui explique sûrement l’attrait des motos qui transportent les habitants de la ville partout où ils veulent se rendre.
 

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