Meurtre de l’abbé Sengiyumva : la piste d’un règlement des comptes évoquée


 
Le meurtre de l'abbé Etienne Sengiyumva, curé de la paroisse catholique de Kitshanga dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu) serait le fait d’un règlement de compte des combattants armés qui le menaçaient depuis plusieurs mois déjà, ont estimé les services de sécurité lundi 9 avril à Goma.
 
C’est depuis plusieurs mois que l’abbé Sengiyumva recevait des menaces des combattants Maï-Maï, qui lui promettaient la mort, ont  révélé des sources sécuritaires à Radio Okapi. Selon elles, certaines factions Maï-Maï l’accusaient de collaborer avec d’autres groupes de miliciens.
 
Le vicaire principal du diocèse de Goma, Monseigneur Nzabanita, réfute une telle allégation, affirmant que la victime était au service de toutes les communautés ethniques.
 
«A Kitshanga, il y a beaucoup de bandes armées. Et lui comme pasteur, il essayait de les empêcher de faire le mal, les viols, les tueries. Maintes fois, il rencontrait les Maï-Maï, les APCLS, les Nyatura pour essayer de leurs montrer que la vie humaine est sacrée », a témoigné Mgr Nzabanita.
 
A la question de savoir s’il pensait que c’est à cause de ces rencontres qu’il avait été tué, le prélat catholique a répondu : «Je n’en doute pas. Parce que, comme témoin gênant, la politique actuelle, c’est de se débarrasser de lui». Mais le diocèse ne pouvait faire grand-chose face à ces menaces. «Il n’y a que Dieu qui protège», a soutenu Mgr Nzabanita, avant de faire observer que devant le mal, l’abbé Etienne Sengiyumva ne pouvait pas se taire.
 
Le corps de la victime doit arriver ce lundi à Goma. Il est prévu mardi une messe de recueillement en la cathédrale Sanctuaire de l’adoration. L’abbé Etienne Sengiyumva a été tué dimanche vers 13 heures locales dans l’enceinte de la paroisse de Kyahemba, une dizaine de kilomètres de Kitshanga, à 80 Km au Nord-ouest de Goma, au moment où il signait le registre de la paroisse pour marquer son passage.