Une militante congolaise des droits humains lauréate régionale pour l’Afrique de la distinction Nansen du HCR

Grâce au travail accompli auprès de ses compagnes réfugiées en Ouganda, la défenseure congolaise des droits humains Sabuni Françoise Chikunda est la lauréate régionale pour l’Afrique de la distinction Nansen de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Françoise Sabuni Chikunda, qui est aussi enseignante, a fondé et préside un centre des femmes qui aide des victimes de violence sexuelle et sexiste.

Le HCR a désigné trois autres lauréates régionales pour l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient.

Selon le HCR, l’action et le dévouement des quatre lauréates régionales pour la protection des personnes déracinées reflètent la sensibilité et l’esprit de Fritdjof Nansen - le premier Haut-Commissaire pour les réfugiés dont la distinction Nansen porte le nom.

Fritdjof Nansen était un scientifique de renom, un explorateur polaire et un homme d’État, célèbre pour sa persévérance face à l’adversité. La distinction Nansen du HCR pour les réfugiés rend hommage à des personnes, des groupes et des organisations dont l’action va bien au-delà de leurs obligations professionnelles pour protéger les réfugiés, les déplacés et les apatrides.

Conseillère et confidente

Agée de 49 ans, Françoise Sabuni Chikunda est arrivée sur le site de réfugiés de Nakivale, en Ouganda, il y a trois ans. Pour les centaines de femmes vivant sur le site qui ont subi des violences sexuelles et sexistes, elle est leur conseillère et leur confidente.

« Je veux les aider à oublier les problèmes qu’elles ont connus pour qu’elles puissent démarrer une nouvelle vie », a expliqué Françoise Sabuni Chikunda au HCR.

Pendant le génocide de 1994 au Rwanda, elle a survécu à une attaque brutale. Elle a ensuite enduré la violence, la torture et le viol de la part de miliciens armés qui l’ont enlevée et réduite en esclavage pendant des années dans son pays natal, la République démocratique du Congo (RDC).

« J’ai subi beaucoup de choses.... J’ai perdu ma maison, ma famille, mon travail... tout », dit-elle. « J’ai été violée plusieurs fois. Mon mari et mes quatre enfants ont été assassinés. »

Son propre calvaire l’a conduite à se rapprocher d’autres victimes de violence, en commençant par un groupe de seulement 10 femmes qui se rencontraient chez elle. Elles partageaient leurs expériences et se concentraient surtout sur les mesures qu’elles devaient prendre pour refaire leur vie.

Son travail est soutenu par le HCR, par l’intermédiaire de son organisation partenaire, le Conseil américain pour les réfugiés, qui a fourni un espace à Françoise pour installer le centre pour femmes de Kabazana en 2018.

Depuis sa création, plus de 1.000 femmes y ont bénéficié d’une formation à diverses activités génératrices de revenus, comme la couture, la cuisine, l’artisanat, la coiffure et l’agriculture.

Avec ONU Info

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