EcoNews : « CENI : Denis Kadima perd la confiance de l’OIF »

Revue de presse de ce vendredi 5 mai 2023

Les journaux parus ce vendredi 5 mai à Kinshasa reviennent en Une sur la décision de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) de ne pas procéder à l’audit du fichier électoral, déclinant ainsi l’offre de la CENI.

EcoNews rapporte que l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a coupé court à la polémique autour de sa participation à l’audit du fichier électoral de la Commission électorale nationale indépendante(CENI).

L’OIF, qui semble avoir été sollicitée par la CENI, a décliné cette offre, estimant que le délai lui imposé par la Centrale électorale pour ce travail, soit à peine cinq jours, n’était pas réaliste.

Et le tabloïd d’affirmer :

« Pour la société civile congolaise, qui s’est levée comme un seul homme contre l’arrivée en RDC des experts de l’OIF, c’est un bon débarras. Ce qui n’est cependant pas le cas pour la CENI qui devra, de toute urgence, trouver un partenaire de rechange, à la fois fiable et disponible, pour la fiabilisation du fichier électoral. C’est presqu’une course contre la montre qui est engagée ».

Parmi ces membres de la société civile qui s’opposaient à l’audit du fichier électoral par l’OIF, La République cite la Nouvelle société civile congolaise,( FCSI-RDC) Conduite par Jonas Tshiombela. Ce dernier  plaide plutôt pour une expertise locale.

« Cette structure [OIF] est dirigée par une personnalité rwandaise [Louis Mushikiwabo, secrétaire générale de l’OIF], un ancien ministre des Affaires étrangères du pays qui cherche à déstabiliser le nôtre. Comment les données stratégiques peuvent être confiées à cette structure ? », a déclaré Jonas Tshiombela mardi après une rencontre avec le président de la CENI, Denis Kadima.

Mais La Tempête des Tropiques, elle, note la réaction de l’église Catholique qui va dans un autre sens que celui des certaines autres composantes de la société civile. En effet, le quotidien relève l’appréhension du secrétaire général de la CENCO qui s’est entretenu à ce sujet, mercredi, avec le président de la CENI.

Mgr Donatien Nsole s’inquiète que cette question politique touchant aux relations entre le Rwanda et la RDC s’invite dans une question technique comme les élections.

« Si ce n'est pas l'OIF pour des raisons politiques, on peut trouver une autre alternative qui rassure sur le plan de l'objectivité et de l'efficacité », a-t-il declaré.

Par contre, la détermination lui manifestée par Denis Kadima de recourir à un évaluateur extérieur pour éviter la suspicion, a été bel et bien lâchée à un média local radiophonique capté hier jeudi 4 mai.

En effet, souligne Africa News,  pour Nshole, il n’est pas question de procéder à un audit du fichier électoral par un acteur ou une organisation nationale.

«On entend depuis un certain moment, des réactions selon lesquelles ce n’est pas bon (de confier l’audit externe du fichier électoral à l’OIF, NDLR) par rapport à la souveraineté et à l’intégrité du pays, surtout que la directrice de l’OIF est une rwandaise. Il y en a qui vont jusqu’à dire qu’il faut que ça soit un audit national», a declaré le prélat Catholique.

Et le Tri-hebdomadaire d’ajouter que ces différentes réactions «préoccupent» l’Eglise catholique, habituée à jouer la sentinelle à chaque processus électoral en RDC. Surtout que le arguments derrière ces réactions sont purement «politiques».

«Parmi les institutions qui défendent l’intégrité et la souveraineté nationales, il y a la CENCO qui a dénoncé l’attitude et l’indifférence de la Communauté internationale en rapport avec ce qui se passe avec le Rwanda. Nous venons d’avoir une mission conjointe avec l’ECC –église protestante- aux États-Unis sur la situation à l’est. C’est pour dire que nous tenons à l’intégrité. Mais qu’on n’amène pas ça dans les questions techniques comme les élections», a prié le SG de l’assemblée épiscopale RDCongolaise, rapporte Africa News.

Pour L’Avenir, nombreux sont ceux-là qui voient en cette réponse de l’OIF la main de Louise Mushikiwabo, connaissant bien l’opinion des Congolais. Et ce, même si le délai proposé par Denis Kadima est tout à fait fondé, considérant le fait que la CENI a des contraintes qu’il faille respecter. C’est en fonction de ces contraintes que la CENI n’a pas voulu que la mission de l’OIF puisse s’éterniser en RDC.

Pour le reste, poursuit ce quotidien, il appartient donc à la CENI de lancer un appel d’offre international, afin de recruter une autre structure qui viendrait pour auditer le fichier électoral de la Centrale électorale.

« Quoi de plus normal, surtout lorsqu’on veut jouer la carte de la crédibilité vis-à-vis d’une opinion aussi sceptique que douteuse », commente L’Avenir qui ajoute « Sinon, d’autres pays africains ne recourraient plus à l’audit externe, parce qu’à l’interne, il y a des compétences. Mais comme certains Congolais ont la mentalité tournée vers l’Occident,
c’est ce que le blanc a certifié qui est bon, normal et consommable. Ainsi, tout audit qui serait effectué par une structure interne, ne serait jamais crédible ».

Pendant ce temps, la CENI clôture ses journées portes ouvertes indique, quant à elle, La Prospérité.

Ce quotidien annonce que devant les députés nationaux, sénateurs, membres du Gouvernement et Conseil supérieur de la magistrature, ce jeudi 4 mai 2023, la Commission électorale nationale indépendante, (CENI), a clôturé les journées portes ouvertes entamées depuis le 25 avril 2023. Didi Manara, deuxième vice- président de cet organe a, dans son mot de clôture, réitéré la détermination de la centrale électorale de respecter le calendrier électoral en organisant notamment, les meilleures élections ddans le délai constitutionnel.