À Sake, au Nord-Kivu, le Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a rappelé l’urgence d’une assistance aux populations vulnérables, en affirmant que l’aide humanitaire ne doit pas dépendre de considérations politiques. En visite vendredi 29 août, il a rencontré des familles retournées à Kimoka, à 3 km de Sake, pour s’enquérir de leurs conditions de vie actuelles.
« L’aide humanitaire ne doit pas dépendre de questions politiques. Les personnes ayant besoin d’assistance au Nord-Kivu doivent être aidées de manière urgente », a lancé le Haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés lors de sa visite et après les échanges avec les familles retournées à Kimoka en février dernier.
Témoignages des familles
Le village de Kimoka a, par endroits, des allures de camp de déplacés. Les familles revenues y vivent dans des abris de fortune faits de bâches, faute de maisons encore debout. La plupart des habitations du village a été détruite durant la guerre.
« Lorsque nous sommes rentrées, nous avons trouvé toutes nos maisons déjà démolies. Nous avons utilisé les bâches ramenées des camps pour construire des abris. Ici, nous n’avons rien. Nous vivons difficilement : nous avons faim et nous souffrons », raconte une mère de famille.
Ces témoignages illustrent la précarité extrême qui persiste malgré le retour au village.
« C’est urgent, il faut faire plus »
Conscient de la complexité du contexte, Filippo Grandi appelle à accélérer la réponse humanitaire, au-delà des blocages politiques.
« C’est compliqué parce que la situation politique est compliquée. Il y a plusieurs acteurs impliqués. Mon message, c’est que l’aide humanitaire ne doit pas être dépendante des questions politiques. Si les gens ont faim, ont besoin d’abris ou de soins, ils doivent être aidés, et ici c’est urgent, il faut qu’on puisse faire plus », a-t-il exhorté.
Au-delà de l’aide matérielle, les familles de Kimoka réclament un renforcement de la sécurité. Elles rapportent des incursions d’hommes armés venant du parc national voisin, qui s’introduisent dans les abris pour voler leurs biens. Cette insécurité récurrente menace leur stabilité et compromet tout effort de relèvement.
Besoins prioritaires identifies
Ces familles retournées ont des besoins urgents énormes pour reprendre une vie digne :
- Abri: réhabilitation des maisons détruites et amélioration des abris temporaires.
- Alimentation: assistance d’urgence pour répondre à la faim.
- Santé: accès aux soins de base et aux services de première nécessité.
- Protection: sécurisation des villages et prévention des incursions.
Des centaines de familles ont quitté des sites des déplacés autour de la ville de Goma, en février dernier, après leur démantèlement par la rébellion du M23. Ces familles étaient ainsi contraintes de regagner leurs villages qu’elles avaient fui durant la guerre entre les rebelles et l’armée nationale. Dans ces villages, les familles n’ont retrouvé que leur terre sans réelles infrastructures ni des champs, la plupart ayant était détruite durant le conflit armé.