Un notable de Rutshuru plaide pour une intervention humanitaire d’urgence

Isaac Kibira, fonctionnaire délégué adjoint du gouverneur à Bambo, en déplacement à Beni, appelle à une assistance urgente en faveur de la population impactée par la guerre dans cette entité. Il réagit face aux conséquences de la crise sécuritaire qui affecte cette zone du territoire de Rutshuru (Nord-Kivu).

Les groupements de Bukombo, Bambo et leurs environs sont plus particulièrement touchés. Depuis plusieurs semaines, la zone est le théâtre de combats opposant l’AFC-M23 aux combattants Wazalendo du Collectif des Mouvements pour le Changement, CMC/Nyatura. Des villages entiers sont incendiés, des champs rasés, des gens sont blessés et tués parmi les civils.

Isaac Kibira craint que cette situation n’entraîne une autre crise alimentaire dans cette partie de la province:

"A chaque Salongo (travaux collectifs) de lundi, ils (rebelles de l'AFC-M23) sont en train de couper sauvagement toutes les cultures se trouvant les longs de la route entre Bambo - Tongo, Bambo  Kishishe- Kibirizi, Bambo – Mushababwe – Katsiru, sous prétexte qu'ils sont en train de chasser la brousse pour faire face aux embuscades tendues par les Wazalendo". 

Pourtant, fait remarquer ce notable, la population locale, constituée en majorité de déplacés, n'a pas d’assistance ; parce que les humanitaires craignent d'accéder dans la zone pour leur sécurité. 

Il rappelle le cas de lundi dernier, où les rebelles sont allés demander à la population de Katsiru et Bukombo d'aller abattre tous les bananiers qui se trouvaient au niveau de Sisa:  

"Arrivés là-bas, ils sont tombés dans une embuscade tendue par les Wazalendo. Alors, il y a eu des affrontements qui ont causé plus de trente blessés graves, des civils. Nous craignons que d'autres civils aient trouvé la mort pendant ces échanges de tirs". 

Isaac Kibira demande à la communauté internationale de s'impliquer et au Gouvernement congolais de deployer tous les moyens "pour que la guerre prenne fin et que les auteurs, qui sont en train de violer les droits des populations, répondent des leurs actes criminels contre cette population qui n'a pas les moyens de se défendre".

 

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