Le IXᵉ sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) s’est ouvert ce samedi 15 novembre à Kinshasa, sous le thème : « Consolider la paix et la sécurité pour le développement dans la région des Grands Lacs ». Ce rendez-vous diplomatique de haut niveau réunit chefs d’État, représentants d’organisations régionales et internationales, autour des enjeux cruciaux de stabilité, de coopération et de développement.
Dans son intervention, Sghair M'Bareck Said, représentant de l’Union africaine, a adopté un ton ferme pour dénoncer les exactions contre les populations civiles dans les zones sous occupation rebelle. Il a salué les efforts diplomatiques récents, notamment :
- L’accord de paix du 27 juin à Washington
- La déclaration des principes du 19 juillet à Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23
- L’accord du 14 octobre sur le mécanisme de vérification du cessez-le-feu
« Nous condamnons fermement les crimes contre les populations civiles et les activités du M23, ainsi que celles d'autres forces négatives comme les ADF, les FDLR, les Red Tabara et autres groupes armés nocifs opérant dans la région », a-t-il déclaré.
Il a exigé un accès humanitaire sûr et sans entrave, ainsi que la restauration des services essentiels à Goma, Bukavu et dans les zones affectées.
Félix Tshisekedi prend la présidence de la CIRGL
Le président Félix Tshisekedi a officiellement pris la tête de la CIRGL pour un mandat de deux ans, succédant à l’Angolais João Lourenço. Dans son discours d’acceptation, il a présenté un mandat axé sur les résultats, structuré autour de cinq priorités :
- Réforme institutionnelle de la CIRGL
- Rétablissement et consolidation de la paix, de la sécurité et de la stabilité régionale
- Renforcement de la coopération judiciaire
- Lutte contre l’exploitation et le commerce illicite des ressources naturelles, via un programme de traçabilité des minerais
- Intégration économique régionale
« Le temps nous presse d’agir pour faire de la région des Grands Lacs un véritable espace de paix, de sécurité et de développement », a-t-il affirmé, insistant sur une présidence intransigeante sur les principes de souveraineté, d’intégrité territoriale, de non-agression et de refus de tout appui aux groupes armés, tout en restant ouverte au dialogue inclusif.
L’ONU appelle à des actions concrètes
Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a réaffirmé son soutien aux processus de paix en cours dans l’Est de la RDC. Son message, lu par son représentant spécial Huang Xia, a insisté sur l’urgence d’une cessation immédiate des hostilités et d’un accès humanitaire garanti.
« Ces processus de paix doivent maintenant être concrétisés par des actions tangibles sur le terrain. Trop souvent, la méfiance et les accusations réciproques nourrissent la spirale de la violence », a-t-il averti, appelant au respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et à la non-ingérence comme fondements de la coexistence pacifique.








