
A compter de ce mardi 30 décembre 2025, une vingtaine de radios et de médias en ligne opérant depuis la ville de Bunia (Ituri) suspendent, pour trois jours, leurs activités ou programmes d’information. Cette mesure vise, selon eux, à dénoncer les exactions répétées contre les journalistes, attribuées à des inconnus, dans le but de museler la presse. Les professionnels des médias exigent du gouvernement le renforcement de la sécurité pour la protection des communautés locales, y compris celle des journalistes.
La population de Bunia s’est réveillée ce mardi 30 décembre dans un silence inhabituel. La plupart des radios n’ont pas diffusé leurs programmes habituels, tandis que d’autres ont suspendu leurs journaux d’informations et les flashes d’actualité.
À l’antenne, seule la musique est diffusée, en mémoire de leur confrère Thierry Lole, tué atrocement à son domicile dans la nuit de dimanche à lundi derniers, à Bunia, par des individus armés non identifiés.
Pour les associations de défense des droits des journalistes, cet acte odieux illustre la volonté des ennemis de la République de réduire la presse au silence.
Ces « trois journées de silence radio » visent ainsi à interpeller les autorités compétentes afin qu’elles assument pleinement leur responsabilité dans la protection efficace des civils, et particulièrement des professionnels des médias, dans cette entité en proie aux conflits armés depuis 2017. C’est ce qu’a affirmé Constant SameBagalwa, rédacteur en chef de la Radio communautaire Les Rebâtisseurs et directeur du média en ligne Bunia News.
L’Ituri compte une quarantaine de stations. Plusieurs d’entre elles se trouvant à l’intérieur de la province affirment vouloir également observer ces « trois journées de silence radio ».





