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Rencontre le 24/10/2024 à Rhoe, dans le territoire de Djugu, entre les leaders communautaires des entités Hema-Lendu et une délégation de la MONUSCO. Ph Ezechiel Muzalia <br />Radio Okapi](https://photos.radiookapi.net/picture/20241025114317507203_9d029406-3c87-457a-8769-f6100ba93311.jpg?imgmax=1200)
Plus de cinq mille membres des communautés Hema et Lendu se sont réunis pour une rencontre sportive inédite, dimanche 25 janvier à Tsalaka, dans le territoire de Djugu, en Ituri. Ce match de football se voulait être un vecteur de paix.
Cet événement, le premier de cette ampleur depuis plus de dix ans, marque une étape symbolique dans la consolidation de la cohésion sociale en province de l’Ituri. Il fallait remonter à 2015 pour voir une telle affluence réunissant ces deux communautés, autrefois séparées par des cycles de violences. À Tsalaka, localité située à 50 km au nord de Bunia, l'ambiance n'était pas seulement à la compétition, mais surtout aux retrouvailles.
Une initiative de la jeunesse pour briser la méfiance
Ce rapprochement est le fruit d’un travail de longue haleine mené par la jeunesse de Lopa (communauté Hema), qui a réussi à mobiliser les leaders de Loga (communauté Lendu). L’initiative a bénéficié de l’appui des chefs de secteurs, de chefferies et des structures locales de jeunes.
Jusqu'à récemment, les contacts entre les deux communautés étaient restés rares et confinés à quelques espaces économiques comme les carrières d’or ou certains marchés isolés. Cette rencontre sportive a permis de briser la glace à une échelle beaucoup plus vaste.
Au-delà du sport : le dialogue sécuritaire
Si le ballon rond a servi de prétexte, la rencontre a également offert un espace de dialogue sur les enjeux sécuritaires. Profitant de l'accalmie observée depuis trois mois dans la zone, les leaders communautaires ont échangé sur des solutions concrètes pour pérenniser la paix.
Exupéry Ngbatoma, président de la jeunesse de Lopa et l'un des initiateurs du projet, souligne l'importance des mécanismes d'alerte :
« Cette rencontre a permis d’analyser plusieurs défis, notamment la circulation nocturne et les mécanismes d’alerte précoce pour la promotion de la paix entre nos deux communautés ».
Le soutien des autorités militaires
L’activité s'est déroulée en présence des autorités militaires, témoignant d'une approche complémentaire entre les opérations de sécurisation menées par les FARDC et les efforts de dialogue communautaire.
Pour les observateurs locaux, cette journée à Tsalaka constitue un signal fort : la paix en Ituri ne passera pas seulement par les armes, mais aussi par la volonté des populations de revivre ensemble.







