Le réseau Vodacom paralysé à Goma après l'intrusion d'inconnus dans son centre technique

La ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, ainsi que plusieurs territoires environnants, sont totalement privés des services de Vodacom depuis lundi 26 janvier. L’opérateur télécom a annoncé qu’une intrusion d’individus non identifiés dans son centre opérationnel a entraîné la désactivation complète de ses systèmes. Cette panne, qui touche la voix, les SMS, l'internet et le service M-Pesa, paralyse une grande partie de l'activité économique et sociale dans une région déjà fragilisée.

Dans un communiqué officiel, Vodacom Congo confirme que des assaillants ont pris le contrôle de ses installations stratégiques à Goma. Si l'incident est localisé dans la capitale provinciale du Nord-Kivu, ses répercussions s'étendent à plusieurs localités de l'Est du pays.

Cette situation vient aggraver, notamment, le calvaire des populations de certains territoires du Nord-Kivu, comme Walikale, qui étaient déjà privées de signal depuis plus d’une semaine pour d'autres raisons techniques.

Enseignants et soignants privés de salaires à Walikale 

Dans la localité de Pinga (territoire de Walikale), l'impact est dramatique. Le paiement des fonctionnaires de l'État étant largement bancarisé via le mobile money, des centaines de professionnels sont aujourd'hui sans ressources.

Julien Buunda, modérateur du Cadre Inter paysans pour la transformation des conflits (CITC), lance un cri d'alarme :

« Les enseignants et le personnel de santé de la zone de Pinga sont payés par M-Pesa. Sans réseau, ils ne peuvent plus accéder à leur argent. Plusieurs activités de survie dépendent de ces transactions ».

Vodacom Congo a le monopole de fait de la communication mobile dans plusieurs localités du Nord-Kivu. Face à ce monopole de fait qui fragilise la région, les acteurs locaux demandent aux gouvernements provincial et national de mobiliser les concurrents (Airtel et Orange) pour renforcer la couverture réseau et offrir des alternatives aux populations en cas de crise majeure.

Mobilisation technique pour un rétablissement

De son côté, Vodacom Congo assure que ses équipes techniques sont à pied d'œuvre pour reprendre le contrôle total des systèmes et rétablir les services « dans les meilleurs délais ». L'opérateur n'a cependant pas encore précisé la nature exacte de l'intrusion ni l'étendue des dégâts matériels au sein de son centre opérationnel.

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