
Une année après la prise de Goma par la rébellion de l’AFC/M23, le 27 janvier 2025, des centaines de défenseurs des droits humains vivent en déplacement, tandis que l'économie locale est asphyxiée par un système de taxation parallèle.
Dans une interview accordée mercredi 28 janvier à Radio Okapi, Marion Ngavo, président de la coordination urbaine de la société civile de Goma et lui-même contraint à l'exil, a indiqué que cette année (NDLR : 2025) a été celle de la « désolation » pour les habitants restés sur place et pour ceux qui ont dû fuir pour leur sécurité.
Dès les premières heures de l'occupation, une vague de départs a vidé la ville de ses forces vives. Défenseurs des droits de l'homme, acteurs de la société civile, journalistes, membres du clergé et agents de l'État ont été les premiers à prendre le chemin de l'exil pour échapper aux représailles.
« Nous avons fui, ceux qui en avaient les moyens, car nous ne pouvions pas rester. Aujourd’hui, après une année, c’est la désolation », témoigne Marion Ngavo.
Une économie de prédation : taxes démesurées et chômage de masse
A l'intérieur de la ville, la situation socio-économique est devenue critique. Le tissu entrepreneurial local s'est effondré sous le poids des pillages et d'un système de double taxation imposé par les rebelles.
Le président de la société civile dresse un constat amer :
- Asphyxie fiscale : La population, déjà appauvrie, est soumise à des impôts et taxes démesurés qui alimentent l'effort de guerre rebelle.
- Chômage : Les petites et moyennes entreprises ont cessé de fonctionner, laissant des milliers de Gomatraciens sans emploi.
- Insécurité domestique : De nombreuses perquisitions et rançonnements ont été signalés dans les domiciles privés au cours de l'année.
L'appel à une action urgente de Kinshasa
Face à ce qu'il qualifie d'urgence humanitaire et sécuritaire, Marion Ngavo appelle les autorités nationales à agir par tous les moyens pour restaurer l'autorité de l'État.
« La population ne demande qu'à l'autorité nationale de rétablir la paix et de reconquérir les territoires, que ce soit par le dialogue ou par les armes », martèle-t-il.
Alors que les initiatives diplomatiques se multiplient à l'échelle régionale, les déplacés de Goma, éparpillés dans plusieurs villes du pays et de la sous-région, attendent toujours le signal d'un retour sécurisé dans leurs foyers.








