
Une centaine de personnes, majoritairement des jeunes garçons et filles de la chefferie de Bwito dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, sont portées disparues depuis samedi 31 janvier. Selon un communiqué du Conseil territorial local de la jeunesse, ces habitants ont été arrêtés puis emmenés vers une destination inconnue, le même jour à Bambo, après un bouclage organisé par le mouvement rebelle AFC/M23.
Rassemblés de force au rond-point de Bambo-Central, ces habitants de Bambo et de Bugina auraient été triés selon leurs présumées accointances avec les groupes armés Wazalendo ou FDLR, indique la structure de jeunesse. Un notable de la région, Isaac Kibira, actuellement en déplacement, confirme l’information et exige la libération immédiate des personnes arrêtées.
Isaac Kibira, fonctionnaire délégué adjoint du gouverneur à Bambo, témoigne :
« Malgré leurs âges et leurs statuts sociaux, tous ont été contraints de s’asseoir de force. Les rebelles de l’AFC/M23 ont utilisé des rendus FDLR et Wazalendo pour identifier les habitants : “celui-ci collabore avec les Wazalendo”, “celui-ci collabore avec les FDLR”. Après ce tri, les personnes désignées ont été embarquées dans des véhicules vers une destination inconnue. Cette situation inquiète profondément les défenseurs des droits humains et pousse déjà la population à fuir ».
Il ajoute qu’une femme âgée, hospitalisée à la suite d’un malaise après avoir appris l’enlèvement de son fils cadet, est décédée dimanche 1er février à l’hôpital général de Bambo.
Appel aux autorités et à la communauté internationale
Le Conseil territorial de la jeunesse et les autorités locales demandent au gouvernement, aux organisations régionales et à la MONUSCO de suivre de près la situation et d’exiger de ces rebelles la libération sans condition des personnes arrêtées, qualifiées d’innocentes et sans lien avec les affrontements dans la zone.
Bambo et les groupements voisins se trouvent au cœur d’une zone de combats récurrents entre la rébellion de de l’AFC/M23 et des milices locales, notamment le Collectif des mouvements pour le changement (CMC/Nyatura), très actif dans le secteur.







