
Environ 70 % des déplacés du site de Kigonze à Bunia (Ituri) survivent grâce à de petites activités génératrices de revenus : agriculture, petit commerce, travaux journaliers, etc. Ces initiatives leur permettent de subvenir tant bien que mal aux besoins de leurs familles. Mais malgré ces efforts, leurs conditions de vie restent très précaires, et des milliers d’enfants ne vont pas à l’école, faute de moyens financiers.
Installés sur ce site depuis 2017, ces déplacés avaient fui leurs villages d’origine dans le territoire de Djugu, à la suite des exactions des groupes armés. Pendant plusieurs années, ils bénéficiaient d’une assistance alimentaire régulière fournie par les organisations humanitaires.
Cependant, depuis près de trois ans, cette aide est devenue rare, voire irrégulière, en raison de la crise humanitaire mondiale. Pour y faire face, environ 70 % des déplacés du site de Kigonze développent des stratégies de survie.
Certains se lancent dans le petit commerce, notamment la vente de roseaux, de bois de chauffage, de légumes, de beignets ou encore de charbon de bois. D’autres cultivent de petits champs aux alentours ou effectuent des travaux journaliers dans les quartiers voisins, en échange d’argent ou de vivres.
« Moi, au quotidien, je vends du charbon de bois. Nous sommes 15 dans notre abri. Lorsqu’un enfant mange juste un morceau de patate douce accompagné d’un peu d’eau, cela suffit pour la journée », Georgine Nzuzi, une déplacée.
Malgré ces efforts, ces activités restent insuffisantes pour couvrir les besoins essentiels des ménages, notamment les soins de santé et la scolarisation des enfants. C’est ce qu’explique Dieudonné Mateso, président du comité de gestion des plaintes :
« Lorsqu’il n’y a pas d’assistance, il n’y a rien, cela oblige les déplacés à se débrouiller tant bien que mal. Nous les sensibilisons à travailler et à abandonner l’habitude de quémander ou de mendier ».
À ce jour, le site de Kigonze accueille environ dix-sept mille personnes.








